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Agenda

12/12/2018

CYCLE - RECHERCHE, ARTS, PRATIQUES NUMERIQUES #20

Mercredi 12 décembre 2018, 10h - 13h, IMéRA, Maison des Astronomes; salle de conférences - entrée libre

Drone-art : Enquêter avec Jules. Retours sur l’expérience des dronards à Villeurbanne

Avec la participation de :

Gaëtan BAILLY (photographe-vidéaste), Jeanne DROUET (anthropologue, Centre Max Weber (UMR 5283), Adelin SCHWEITZER (artiste - performances et nouvelles technologies), Marie-Thérèse TÊTU (socio-anthropologue, Centre Max Weber (UMR 5283), Pina WOOD (artiste, performeuse, dramaturge et interprète).

Comité d’organisation :
Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias - CNRS/AMU/EHESS), Anna Guilló (LESA, AMU), Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU), Cédric Parizot (IREMAM,CNRS/AMU)

Enquêter avec Jules. Retours sur l’expérience des dronards à Villeurbanne
Les Dronards est un collectif d’artistes pluridisciplinaire fondé en 2014. Il est rejoint par deux socio-anthropologues lorsqu’il « atterrit » à Villeurbanne, en juillet 2017. L’épisode villeurbannais s’articule autour de la dérive urbaine de Jules, un rover (engin roulant télécommandé) équipé d’une caméra légère, dans deux quartiers de la ville, Grand Clément et Bel-Air-Les-Brosses.
Le matériau produit durant l’été 2017,- soit de courtes pastilles vidéos retraçant les pérégrinations de Jules et ses acolytes, jour après jour -, nous servira de base ou tremplin pour dégager les multiples enjeux du projet. Chaque intervenant, artiste ou chercheur, ouvrira un ou deux axes de réflexion qui lui semble prépondérant sur la base d’un extrait projeté. Où il sera question des modalités spécifiques de l’enquête, des modes de rencontre et d’interaction, de différents « points de vue filmiques », de l’interaction homme-machine, etc. Ce retour d’expérience s’ouvrira sur un échange autour et en présence de Jules. 


Thématique du séminaire

Ce séminaire transdisciplinaire s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique.
Dans le  domaine des sciences humaines et sociales, le recours aux pratiques numériques conduit à de nombreux bouleversements que ce soit dans la collecte, la production et le traitement de données, ainsi que l’élaboration de nouvelles formes de narration et d’édition. Le tournant numérique conduit les chercheurs à reconsidérer leurs méthodes, leurs catégories, leurs paradigmes, leurs orientations théoriques, leurs objets, leurs formes de labellisation et les cadres des champs disciplinaires. D’ailleurs, compte tenu des collaborations toujours plus nombreuses qu’implique le recours au numérique entre d’un côté les sciences humaines et de l’autre les sciences exactes et expérimentales, il semble plus pertinent de parler de Digital Studies que Digital Humanities.
Dans le domaine de l’art, le numérique ouvre également des champs de pratiques radicalement nouveaux. Il transforme la relation des artistes aux outils qu’ils utilisent et aux connaissances qu’ils convoquent, produisent ou questionnent. Il transforme le statut et les formes des œuvres. En introduisant de nouvelles modalités pour assurer leur circulation, il modifie également leur relation avec le public. Le numérique bouleverse la place de l’auteur qu’il place dans une relation dynamique par rapport aux flux d’information, de circulation des images, des sons et des formes. Il donne ainsi une nouvelle importance à l’invention de dispositifs dans lesquels ces formes sont données à l’expérience, ouvrant d’infinies possibilités d’interaction avec l’œuvre. Il donne enfin une nouvelle dimension au travail collectif, à des formes diverses de collaborations, d’échanges et de contributions. D’une façon générale, on peut dire que le numérique déplace les pratiques artistiques et conduit à réfléchir autrement les relations entre arts et sciences.
Ce séminaire rassemblera des chercheurs en sciences humaines (sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens, littéraires), en sciences dures (informaticiens, physiciens, mathématiciens, etc.), des artistes (designers, hackers, programmeurs, média tactique, etc.) ainsi que des professionnels (industriels, chargés de communication, etc.). Notre objectif est de favoriser des croisements, des emprunts et des déplacements qui seront propices à l’identification de nouvelles pistes de réflexion et de recherche, voire à la mise en œuvre d’expérimentations collaboratives.
Chaque mois, des participants seront invités à présenter leurs expérimentations d’outils numériques de collecte (applications mobiles, capteurs oculaires, systèmes SIG, etc.) ou d’indexation et de traitement des données recueillies (bases de données, systèmes de visualisation ou de sonification, etc.). Certains feront part de leurs explorations de dispositifs d’écriture et de modélisation de la connaissance (jeux vidéo, machinima, web documentaires, etc) ou encore de nouvelles formes d’édition électroniques.
Trois types de questions seront développés.
1) Il s’agira tout d’abord de voir comment, et jusqu’à quel point, ces pratiques et instruments transforment notre rapport au monde, nos méthodes de recherche, la construction de nos objets, la modélisation et la diffusion de notre connaissance et de nos oeuvres.
2) Nous nous interrogerons aussi sur l’impact des processus collaboratifs qu’impliquent les pratiques numériques entre chercheurs, artistes et professionnels. L’objectif est d’évaluer les apports que chaque démarche (scientifique, artistique, professionnelle) apporte aux autres.
3) Nous verrons enfin comment ces processus collaboratifs bouleversent les champs disciplinaires, les points de vue et les formes d’autorité qui organisent notre recherche et notre pratique et conduisent à repenser de manière créative de nouvelles formes de rencontre entre les disciplines scientifiques et entre celles-ci et les non-spécialistes.
Ce séminaire fonctionne selon un rythme de rencontres mensuelles, d’une durée de trois heures.

Partenariat:
IMéRA - Institut Méditerranéen de Recherches Avancées (AMU)
Centre Norbert Elias (CNRS/EHESS/AMU)
Institut de Recherche et d’Etudes sur le monde arabe et musulman (CNRS/AMU)
Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence
Institut d’Ethnologie Mediterranéenne Européenne et Comparative (CNRS/AMU)
Laboratoire d’études en sciences des arts (AMU)

12/12/2018

PROJECTION de "Ivan and Ivana" (2011) par Jeff Silva

Mercredi 12 décembre 2018, à 18h, IMéRA, Maison des Astronomes, salle de conférences - entrée libre

Projection de "Ivana and Ivana" par Jeff Silva (Harvard Film Study Center Fellow & Sensory Ethnography Lab Affiliate)

Ivan and Ivana (2011) 81 minutes by Jeff Silva


 

12/13/2018

Community Building Seminar - avec Jeff Silva

Jeudi 13 décembre 2018, 10h - 12h30, Maison Neuve, 1er étage - entrée sur invitation

Explorations of temporality, ambiguity and an embodied approach to ethnographic cinema, par Jeff Silva (Harvard Film Study Center Fellow & Sensory Ethnography Lab Affiliate)

Le "Community Building Seminar" a lieu chaque semaine et permet aux résidents de partager à tour de rôle leurs recherches, problématiques et méthodes avec les autres résidents.

Discutant : Laura Candiotto (Marie Curie Research Fellow, University of Edinburgh, School of Philosophy, Psychology and Language Sciences).


Contact : pascale.hurtado@univ-amu.fr
 

12/14/2018

SEMINAIRE - « Le savant dans la cité »

Vendredi 14 décembre 2018, 10h30-13h15, IMéRA, Maison Neuve, 1er étage - 2 place Le Verrier, 13004, Marseille - ENTRÉE LIBRE

« Le savant dans la cité »

Dans le cadre des séminaires du programme « Rencontres Sciences et Humanités* » de l’Iméra sera organisé un séminaire qui réunit trois chercheurs de disciplines très différentes. Chacun a eu l’occasion, dans des contextes divers, de présenter les fruits de ses recherches devant des publics variés. On discutera de la modification des savoirs savants lors de leur adaptation pour la vulgarisation, ainsi que de l’évolution de son objet pour le chercheur lui-même suite à ces rencontres. 

Avec la participation de :

Pablo Jensen, ENS Lyon - IXXI, qui grâce à son grand âge a pu explorer plusieurs facettes de la vulgarisation. Auteur en 1999 et 2018 de deux livres parus au Seuil sur la physique de la matière puis de la société. Créateur en 1998 des « cafés des sciences », pour permettre des échanges public/chercheurs en dehors du milieu universitaire. Enfin, observateur des pratiques de vulgarisation des autres chercheurs, montrant que les vulgarisateurs sont (un peu) plus actifs en recherche que les autres. http://www.seuil.com/ouvrage/pourquoi-la-societe-ne-se-laisse-pas-mettre...

Isabelle Laffont-Schwob, Aix-Marseille Université - LPED, écologue initiée aux sciences de la vie mais qui a divagué vers des chemins de l’interdisciplinarité et a pris goût à la diffusion et l’échange de savoirs, co-éditrice de « Les calanques industrielles de Marseille et leurs pollutions ». http://www.editions-ref2c.fr/REF2C_actu/REF2C_nouveau.htm 

Albert Ogien, CNRS-CEMS, après de longues années d’engagement dans la controverse académique pour changer (sans grand succès) les pratiques de la sociologie, il se tourne, à la faveur de la publication en 2010 d’un livre écrit avec Sandra Laugier sur la désobéissance civile, vers le débat public auprès de collectifs de citoyen.ne.s. Il a poursuivi ce travail en rédigeant deux autres livres sur la démocratie, qui lui donnent l’occasion de pousuivre le dialogue avec les citoyen.ne.s concernées par la chose publique en défendant la thèse de la pleine capacité politique des gens ordinaires. https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_principe_democrat...


Contact : juliette.rouchier@lamsade.dauphine.fr

12/18/2018

IRD/IMéRA - CYCLE on Sustainable developement

Mardi 18 décembre 2018, 10h-12h30 - IMéRA, Maison des Astronomes, salle de conférences - entrée libre

Spread and control of mosquito-borne diseases in a changing world

Organized and chaired by Mercedes Pascual (IMéRA resident, 2017-2018, Department of Ecology and Evolution, University of Chicago).

Infectious diseases transmitted by mosquito vectors are thriving under increased urbanization, socio-economic inequality, and environmental changes. The talks in this symposium will address the spatio-temporal variation of established and emerging infections transmitted by mosquito vectors in the developing world, as well as the associated challenge of effective control efforts.

Speakers :

  • Dr. Olivier Telle - Centre National de la Recherche Scientifique, CNRS ; Centre des Sciences Humaines, CSH; Center for Policy Research, CPR, Delhi

Diffusion of emerging diseases in cities: does heterogeneity of the socio-economic environment matter?

The classical model of geography stipulates that within urban spaces, economically deprived areas have been the most affected by major infectious diseases such as cholera and plague. The current rise of emerging diseases today in urban areas worldwide calls this model into question. In particular dengue is one of the major modern urban diseases that have swept through the tropics and subtropics over recent decades. It provides us with a unique case with which to understand the link between urbanization and emerging disease. Although several studies suggest that dengue risk cannot be predicted based solely on socio-economic factors, this does not mean that these factors do not play a major role in the spread of the disease within cities. After presenting a few examples of such a link, I will describe the opportunity offered by open source data (census and other environmental data) to develop an understanding of the connection between socio-economic heterogeneity and the spatio-temporal spread of infectious diseases in Asia.

  • Dr. Richard Paul – Pasteur Institute, Paris

Mosquito control strategies in an urban environment - where is the World Health Organization taking us?

In response to the global expansion and re-emergence of vector-borne diseases, WHO launched the Global Vector Control Response program in 2017. The aim is to strengthen vector control through increased capacity, innovation, improved surveillance, better coordination and integrated action. Will this "new" approach overcome the failings of previous initiatives?

  • Dr. Jean Gaudart -- Aix Marseille Univ, INSERM, IRD, SESSTIM UMR1252, Faculty of Medicine, 13005 Marseille ; APHM, La Timone Hospital, Biostatistics & ICT, 13005 Marseille

Spatiotemporal dynamics of malaria in West Africa: challenges for new sustainable control strategies

Malaria transmission is highly heterogeneous through time and space, and mapping of this heterogeneity is necessary to better understand local dynamics. Based on epidemiological analysis, the presentation will focus on the determination of hotspots and associated environmental risk factors including urbanization and land-use change, and on patterns of asymptomatic carriage. Targeting local persistent transmission and epidemiological changes is necessary to maintain efficient control, but also to deploy sustainable elimination strategies against identified transmission bottlenecks such as the reservoir of subpatent infections. Such decision-making tools are paramount to allocate resources based on sound scientific evidence and public health priorities.


About the IRD/IMéRA Cycle on Sustainable Development

As explicitly admitted in the UN’s Sustainable Development Objectives (SDOs), human development can only be conceived on a global scale considering the multiple interactions—economic (trade, outsourcing, etc.), demographic (migrations, epidemics, etc.), cultural (connectivity, networks, etc.) and environmental (global warming, etc.)—at play between North and South countries. These aspects are at the heart of the IMéRA Program “Global phenomena and regulation” (see https://imera.hypotheses.org/le-programme-phenomenes-globaux-et-regulation) and they are a fortiori even more salient the IRD research, IRD being one of the significant national and international players in the SDO’s agenda (see https://en.ird.fr/the-research).

The research cycle “Sustainable Development” held at IMéRA in this academic year 2018/2019 is designed to strengthen cooperation between IRD and IMéRA on sustainable development research through the dedicated joint chair hosted by IMéRA. In 2018/2019, the cycle is managed by the IRD/IMéRA co-chair holders, Andrew Dobson (Princeton Univ.) and Mercedes Pascual (Univ. of Chicago), together with IMéRA director general and director of the “Global phenomea and regulation” program, Raouf Boucekkine (AMU). The first event took take place at IMéRA on October 19th 2018.

12/18/2018

Les Rendez-Vous de Demain : Comment les sciences éclairent l'avenir ? #3

Un cycle de rencontres publiques au Théâtre du Gymnase (4 Rue du Théatre Français, 13001 Marseille), les mardis à 19h.

Conférence-débat Mardi 18 décembre à 19h :

Sport, santé et performance. Apprendre à guérir ?

Que peut nous apporter le sport dans ses relations à la santé ?

Peut-il contribuer à la guérison, notamment de malades du cancer, comme l’expérimente aujourd’hui le projet « Rebond » ?

La performance sportive peut-elle être une source d’inspiration et de fertilisation pour nos sociétés ?

Avec le Pr. Pierre Dantin, Professeur des Universités, Vice-Doyen de la Facultés des Sciences du Sport de Marseille, Co-Directeur du Laboratoire « Management, Sport, Santé » d’Aix-Marseille Université. Il est responsable du programme « Rebond » réalisé en collaboration avec l’Institut Paoli Calmettes

Avec Claude Onesta, entraîneur durant de longues années de l’équipe de France de Handball, il a, avec cette équipe, ramené les titres de Champion Olympique, Champion du monde et Champion d’Europe. Il dirige désormais la préparation de l’Equipe de France Olympique 2024. Il est pleinement impliqué dans le projet « Rebond » autour de Sport et Santé depuis son origine.

Et avec le Pr. Didier Blaise, Chef du département d’Onco-Hématologie de l’Institut Paoli-Calmettes, à l’initiative du projet Rebond.

Tous les trois impliqués dans le projet Rebond de lutte contre le cancer en utilisant les bienfaits du coaching sportif.

La conférence sera animée par Nancy Cattan, chef de rubrique Santé à Nice-Matin.


Les Rendez-Vous de demain : Comment les sciences éclairent l’avenir ?  » sont des rendez-vous mensuels qui s’adressent à tous sur des enjeux contemporains. Ce cycle de conférences se propose de mieux faire connaître les travaux des résidents de l’IMéRA, comme des autres Instituts d’études avancées français, et de valoriser la production intellectuelle et scientifique qui s’accomplit sur le territoire d’Aix Marseille Université (AMU) et de la région Sud.
Les Rendez-Vous de demain, ou comment tenter de donner un autre visage à l’avenir.
Les Rendez-Vous de demain, ou comment mieux faire circuler de la connaissance dans l’espace public.
Les Rendez-Vous de demain, ou comment découvrir les grands enjeux de notre temps, à partir de savoirs scientifiques rendus enfin accessibles.

Les Rendez-Vous de demain sont produits par l’IMéRA et le théâtre du Gymnase, avec le soutien du RFIEA (Réseau Français des Institus d’Etudes Avancées) et de la Fondation A*MIDEX, qui porte l’initiative d’excellence d’Aix-Marseille Université.


A chaque RV une table de libraire sera tenue par la Libraire Maupetit.

12/19/2018

SEMINAIRE - Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #9

Mercredi 19 décembre 2018, 9h30 - 13h00 -IMéRA, Maison des astronomes, salle de conférences - entrée libre

Musiques, Histoires, Reconstructions virtuelles des espaces acoustiques, avec Julien Ferrando, musicien, musicologue, maître de conférence à l’AMU, chercheur au laboratoire PRISM (AMU-CNRS) ; Mylène Pardoen, musicologue, historienne, spécialiste de l’archéologie sonore, chercheuse à l’Institut des Sciences de l’Homme (CNRS) à Lyon (https://www.researchgate.net/profile/Mylene_Pardoen).

Responsables du séminaire : Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS).

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. 

Ces pratiques sont nombreuses et très différentes les unes des autres. Elles appartiennent à des domaines de la connaissance infiniment variés. Toutes supposent une relation au son ou au moins à des phénomènes ondulatoires qui sont de l’ordre du sonore - même s’ils défient les limites de la perception humaine et qu’ils impliquent la mise en œuvre de technologies qui étendent, déplacent et transposent les potentialités du sensible. Toutes aussi impliquent de mettre en place une logique dans laquelle la réception, la sensibilité et l’attention sont mobilisées comme des formes essentielles de l’expérience et de la connaissance, comme des moments qui déterminent et structurent notre relation à notre environnement, comme des vecteurs de notre capacité d’action, de représentation et d’invention. 

Bien sûr, la musique et plus généralement les pratiques sonores en art sont essentielles à notre réflexion et nous nous sentons héritiers du tournant qui a consisté, par exemple avec John Cage, à placer l’écoute au cœur d’une pensée de l’esthétique comme expérience. Mais bien au-delà de la musique ou des arts du son et de l’audio, il existe de nombreuses pratiques, qu’elles soient empiriques ou expérimentales et rationnellement formalisées, qui mettent en jeu de façon déterminante la question de l’écoute.

L’acoustique est évidemment la première d’entre elles et elle se trouve chaque fois impliquée d’une façon ou d’une autre.

Mais notre énoncé suggère aussi que l’écoute n’existe vraiment que dans et par une pratique. De ce point de vue là, l’écoute s’apprend, se développe, s’affine et s’oriente dans la relation à un ensemble organique où l’expérience et la théorie doivent trouver les modalités de leur dialectique. Toute écoute prend sens dans le contexte d’une situation qui engage la relation entre des acteurs et le milieu mouvant dans lequel ils évoluent. Elle contribue à donner sens à ce milieu et elle présuppose l’orientation d’une perception qui ne reçoit que parce qu’elle attend et s’interroge. L’écoute est éveil, exercice, pensée, mouvement, relation aux autres et au monde. Elle mobilise du savoir et le met à l’épreuve d’une situation signifiante. Elle s’inscrit dans une histoire qui est aussi l’histoire des disciplines qui la mettent en œuvre.

L’écoute est donc une notion à la fois transversale et toujours inscrite dans des pratiques spécifiques, qu’elles soient scientifiques ou artistiques, formalisées ou empiriques. Si elle engage des pratiques déterminées et multiples, elle ouvre aussi un espace de discussion, de partage et d’échange entre ces pratiques et ces savoirs, entre les arts et les sciences.


Le séminaire « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » est co-organisé par le laboratoire PRISM (AMU/CNRS) et par l’IMéRA.

Contact : cristo@plotseme.net

01/16/2019

CYCLE - RECHERCHE, ARTS, PRATIQUES NUMERIQUES #21

Mercredi 16 janvier 2019, 10h00-13h00, IMéRA, Maison des Astronomes, salle de conférence - entrée libre
Représenter l'exil en Méditerranée aujourd'hui. Retours à mi-parcours sur un doctorat par la pratique". Avec Elsa Gromis, Art, média et études américaines, University of East Anglia

Thématique du séminaire

Ce séminaire transdisciplinaire s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. 
Dans le  domaine des sciences humaines et sociales, le recours aux pratiques numériques conduit à de nombreux bouleversements que ce soit dans la collecte, la production et le traitement de données, ainsi que l’élaboration de nouvelles formes de narration et d’édition. Le tournant numérique conduit les chercheurs à reconsidérer leurs méthodes, leurs catégories, leurs paradigmes, leurs orientations théoriques, leurs objets, leurs formes de labellisation et les cadres des champs disciplinaires. D’ailleurs, compte tenu des collaborations toujours plus nombreuses qu’implique le recours au numérique entre d’un côté les sciences humaines et de l’autre les sciences exactes et expérimentales, il semble plus pertinent de parler de Digital Studies que Digital Humanities.
Dans le domaine de l’art, le numérique ouvre également des champs de pratiques radicalement nouveaux. Il transforme la relation des artistes aux outils qu’ils utilisent et aux connaissances qu’ils convoquent, produisent ou questionnent. Il transforme le statut et les formes des œuvres. En introduisant de nouvelles modalités pour assurer leur circulation, il modifie également leur relation avec le public. Le numérique bouleverse la place de l’auteur qu’il place dans une relation dynamique par rapport aux flux d’information, de circulation des images, des sons et des formes. Il donne ainsi une nouvelle importance à l’invention de dispositifs dans lesquels ces formes sont données à l’expérience, ouvrant d’infinies possibilités d’interaction avec l’œuvre. Il donne enfin une nouvelle dimension au travail collectif, à des formes diverses de collaborations, d’échanges et de contributions. D’une façon générale, on peut dire que le numérique déplace les pratiques artistiques et conduit à réfléchir autrement les relations entre arts et sciences.
Ce séminaire rassemblera des chercheurs en sciences humaines (sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens, littéraires), en sciences dures (informaticiens, physiciens, mathématiciens, etc.), des artistes (designers, hackers, programmeurs, média tactique, etc.) ainsi que des professionnels (industriels, chargés de communication, etc.). Notre objectif est de favoriser des croisements, des emprunts et des déplacements qui seront propices à l’identification de nouvelles pistes de réflexion et de recherche, voire à la mise en œuvre d’expérimentations collaboratives.
Chaque mois, des participants seront invités à présenter leurs expérimentations d’outils numériques de collecte (applications mobiles, capteurs oculaires, systèmes SIG, etc.) ou d’indexation et de traitement des données recueillies (bases de données, systèmes de visualisation ou de sonification, etc.). Certains feront part de leurs explorations de dispositifs d’écriture et de modélisation de la connaissance (jeux vidéo, machinima, web documentaires, etc) ou encore de nouvelles formes d’édition électroniques.
Trois types de questions seront développés.
1) Il s’agira tout d’abord de voir comment, et jusqu’à quel point, ces pratiques et instruments transforment notre rapport au monde, nos méthodes de recherche, la construction de nos objets, la modélisation et la diffusion de notre connaissance et de nos oeuvres.
2) Nous nous interrogerons aussi sur l’impact des processus collaboratifs qu’impliquent les pratiques numériques entre chercheurs, artistes et professionnels. L’objectif est d’évaluer les apports que chaque démarche (scientifique, artistique, professionnelle) apporte aux autres.
3) Nous verrons enfin comment ces processus collaboratifs bouleversent les champs disciplinaires, les points de vue et les formes d’autorité qui organisent notre recherche et notre pratique et conduisent à repenser de manière créative de nouvelles formes de rencontre entre les disciplines scientifiques et entre celles-ci et les non-spécialistes.
Débuté en janvier 2016, ce séminaire fonctionne selon un rythme de rencontres mensuelles, d’une durée de trois heures.
 
Comité d'organisation : Cédric Parizot  (IREMAM, CNRS/AMU), Jean Cristofol (Ecole supérieure d'art d'Aix en Provence, PRISM, AMU), Jean Paul Fourmentraux (CNE, EHESS/CNRS/AMU), Anna Guilló (LESA, AMU), Manoël Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Partenariat:
 
IMéRA - Institut Méditerranéen de Recherches Avancées (AMU)
Centre Norbert Elias (CNRS/EHESS/AMU)
Institut de Recherche et d’Etudes sur le monde arabe et musulman (CNRS/AMU)
Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence
Institut d’Ethnologie Mediterranéenne Européenne et Comparative (CNRS/AMU)