RESEARCH GROUP - TRAVAIL, ENTREPRISE, SUBJECTIVITE

Team members: 

Massimiliano Nicoli : Laboratoire Sophiapol Université Paris Nanterre 
Email : massimiliano.nicoli@alice.it

Luca Paltrinieri : Université Rennes 1, Centre Atlantique de Philosophe.

Email: l.paltrinieri@gmail.com

Muriel Prévot-Carpentier : INRS, Nancy 

Email : murielprevot@free.fr

 

Period of residence: 
17 -20 juin 2019
Research project: 
De la gestion à l’autogestion. Une généalogie politique de l’entreprise
Summary of the research project: 

Ce programme de recherche propose une étude de la notion d’entreprise. Il s’agit d’étudier l’entreprenariat comme une rationalité spécifique qui d’un côté met au centre un individu face à des risques sur un marché, de l’autre se présente comme une maîtrise gestionnaire de ces risques, faisant même appel à une série d’instruments de gestion. Si la rationalité entrepreneuriale se répand à l’époque néolibérale, nous croyons qu’elle se distingue également de la rationalité néolibérale en ce qu’elle met en scène un individu créateur, mais se trouve constamment confrontée à la question du collectif, impliqué par la notion de division du travail. 

Après avoir développé ce projet par des cycles de séminaires au Collège International de Philosophie (CIPHI), Paris entre 2016 et 2018, une résidence en équipe à l'IMERA donne l'occasion d'un échange et d'un travail commun avec les membres du collectif ArTLib (Atelier de recherche Travail et Libertés). 

Pertaining to the residency: 

Résumé des conférences de l'équipe :

Lundi 17 juin : 17h -19h séminaire animé par Muriel Prévot-Carpentier : INRS, Nancy 

Nouvelles formes de travail et d’emploi: quelles transformations de l’expérience de travail?

L’effritement du modèle typique d’emploi se matérialise par des ruptures dans l’unité de lieu et dans le rapport au temps, normés dans le salariat. Ces deux types de ruptures marquent une transformation des formes de la subordination avec une pluralisation des formes de travail et d’emploi que ce soit dans le salariat avec des modes d’organisation favorisant « l’autonomie », dans des modèles salariés tentant de constituer des alternatives dans l’Economie Sociale et Solidaire, jusque dans des statuts parasubordonnés. Ces évolutions métamorphosent le rapport à l’expérience de travail avec des risques et effets mal mesurés aujourd’hui. Quelles protections du soi quand toutes les dimensions de l’identité tendent à être engagées dans l’expérience de travail ? Et quelles libertés pour des sujets tout entiers engagés dans une activité qu’ils reconnaissent de moins en moins comme hétéronome ?

 

Mardi 18 juin : 16h-18h séminaire animé par par Massimiliano Nicoli, Sophiapol, Université Paris-Nanterre

La vie comme CV : présentation d'une recherche en cours

Il s’agit de présenter une recherche sur la pratique concrète d’autoreprésentation de l’individu en tant qu’entrepreneur de soi et propriétaire de son capital humain, à gérer en termes managériaux et/ou d’investissement sur soi. L’enquête prévoit l’analyse d’un échantillon de CV et de lettres de motivation, selon l’hypothèse que l’écriture de ces documents fasse partie des techniques contemporaines de production de soi à travers la construction de l’« illusion biographique » (Bourdieu) et la véritable mise en discours de soi (Foucault). L’analyse des CV est mise en rapport à la littérature managériale concernant les pratiques de recrutement et les « soft skills », afin d’examiner la subjectivation individuelle des modèles anthropologiques et psychologiques construits par les pratiques de gestion des ressources humaines et actifs, plus en général, dans la société néolibérale.

 

Mardi 18 juin : 18h-20h séminaire animé Luca Paltrinieri, Université Rennes 1, « Centre Atlantique de Philosophe » (CAPHI). 

L'entreprise comme objet de la philosophie politique

Alors que la théorie politique s'est attachée surtout au problème de l'Etat, l'entreprise est un objet relativement absent en philosophie, tout en étant très étudiée en sociologie et économie. Pourtant, depuis un moment, l’entreprise est devenue une institution centrale des sociétés occidentales et aussi une expérience politique à part entière, d'une part en tant que forme de l'action collective, de l'autre en tant que laboratoire d’invention de formes politiques nouvelles. Autant dire, qu'une philosophie politique attentive aux problèmes du présent devrait aujourd'hui s'intéresser à l'entreprise un peu comme Hobbes, Locke et Rousseau se sont attaqués jadis à la forme de l'Etat. Comment faire de l'entreprise un objet de philosophie politique ? Le séminaire abordera trois alternatives : l'ontologie sociale, l'approche normative et l'approche généalogique. L'objectif du séminaire c'est d'une part de mettre en lumières les forces et les faiblesses de chacun de ces approches, de l'autre de plaider pour une nouvelle forme de collaboration entre philosophie et sciences sociales. 

 

Jeudi 20 Juin : conference  17h-20h

Travail et plateformes numériques : entre exploitation et opportunités

Massimiliano Nicoli, Université de Paris-Nanterre 

Luca Paltrinieri, Université de Rennes 1

Muriel Prevot-Carpentier, INRS, Nancy

L’avènement des plateformes numériques de travail a déterminé une série de transformations paradoxales qui concernent à la fois le travail et l’entreprise : la subordination juridique du contrat salarial laisse de plus en plus la place à des nouvelles formes de dépendance économique et psychologique, tandis que la forme-entreprise traditionnelle tend à exploser dans les différentes figures de l’autoentrepreneuriat, ou à se confondre avec le marché sous la forme de l’entreprise-plateforme. Cette situation d’intensification de l’(auto)exploitation de l’individu productif constitue pourtant le terrain d’expérimentation de nouvelles formes de coopération qui s’enracinent dans la longue histoire de l’intelligence politique du travail.

Lien(s) web: 

Equipe en lien avec l'Atelier de recherche ArTLib - Travail et libertés aujourd'hui : https://imera.univ-amu.fr/fr/resident/enrico-donaggio-0