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Agenda

24/10/2018

CYCLE DE CONFERENCES - Les dynamiques d’extrémisation, en pensées et en actions

Mercredi 24 octobre 2018, à 18h, Site mémorial du Camp des Milles, Auditorium - entrée libre

Mémoire de la Shoah et montée nationaliste en Pologne, par Jean-Yves Potel

J-Y Potel est historien et analyste politique, spécialiste de la Pologne et de l'Europe centrale et a été professeur associé à l'Université de Paris 8 (Institut d'études européennes) et conseiller culturel à l'ambassade de France é Varsovie. Il est auteur de nombreux ouvrages, en particulier La Fin de l’lnnocence, La Pologne face à son passé juif(2009), et de L’Europe nue (2019).

Séminaire organisé dans le cadre du cycle de conférences "Les dynamiques d’extrémisation, en pensées et en actions", proposé par la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Education et I’IMéRA, Institut d’Etudes Avancées d’Aix-Marseille Université.

Lieux: en alternance, a I’IMéRA (Marseille) et au site mémorial du Camp des Milles (Aix-en-Provence). Toutes les conférences sont fibres d’accés.


Depuis les attentats de janvier 2015, la radicalisation djihadiste a été mise a I’agenda scientifique et politique en France. S’impose aujourd’hui la recherche d’écIairages pertinents sur un phénoméne dont I’Histoire a montré Ie potentiel mortifére et contaminateur. Cette radicalisation s’inscrit dans un contexte plus large de développement de dynamiques d’extrémisations diverses, religieuses et politiques en particulier, avec leur cortége d’excIusions et de violences multiples, en particulier racistes, antisémites et xénophobes.

Ce cycle de conférences proposé conjointement par la Fondation du Camp des Milles et l’lnstitut Méditerranéen d’Etudes Avancées propose de contribuer a la réflexion sur ce sujet par une confrontation des analyses et par Ie débat entre chercheurs et citoyens.

Les termes radicalisations ou extrémisations recouvrent deux aspects, idéologique et comportemental, souvent mat distingués, qui se traduisent en pensées et en actions, en pensées ou en actions.

Ce cycle est destiné a éclairer les processus multifactoriels qui articulent -ou pas- la constitution d’un contenu cognitif -une pensée extréme- et I’adoption d’un comportement violent- comme Ie passage é I’acte terroriste. II implique une approche pluridisciplinaire combinant diverses échelles, temporelle, spatiale et pluridisciplinaire.

II s’agit en particulier de mieux comprendre I’origine du besoin individuel ou collectif de radicalité, la recherche de repéres forts, les influences idéologiques ou interpersonnelles et les fractures de la société qui servent de terreau en période de crises, et qui contribuent a des crispations individuelles ou collectives sur des repéres identitaires, religieux, nationalistes ou politiques.

II est aussi important de comprendre I’énjeu majeur pour les droits et libertés des défis que les extrémistes nous lancent : comment en particulier une société démocratique en arrive-t-elle, par réaction, a modifier ses régles et a enfreindre certaines des valeurs essentielles qu’eIIe veut pourtant protéger ?

L’analyse des drames du passé, crimes de masse et génocides -réalisation ultime d’une pensée extréme- est un levier puissant pour saisirjusqu’od et comment ces processus peuvent se développer et pour nous alerter au présent.

Faire converger ces mémoires douloureuses, c’est contribuer a la formation d’une expérience commune de I’humanité mais aussi nourrir les capacités d’une résistance individuelle et collective qui montra son efflcacité dans Ie passé et qui s’avére a nouveau nécessaire aujourd’hui. La « banalité du bien » s’opposa souvent a la « banalité du mat ».

Manipulation du langage, mensonges et démagogie ont ainsi toujours été des ingrédients des dynamiques extrémistes. Rien d’étonnant a ce que la question du rapport é la vérité apparaisse aujourd’hui comme centrale en ce qu’eIIe constitue une dimension essentielle de la formation d’une pensée extréme. Rumeurs, fake news, complotisme, « post-vérité » résistent a la critique rationnelle, sans doute parce qu’iIs s’en nourrissent et I’instrumentaIisent parfois. Ce qui pose aussi la question du potentiel de violence de la raison elle-méme.

Un défi majeur pour Ie monde scientifique et les sociétés démocratiques.


Prochaines dates : 

26 novembre 2018, 18h, lMéRA, Marseille.

  • La radicalisation islamiste, par Farhad Khosrokhavar

Sociologue franco-iranien, Farhad Khosrokhavar est également directeur d'études é l'Ecole des hautes études en sciences sociales et spécialiste de la radicalisation islamiste.

27 février 2019, 18h, Camp des Milles (auditorium), Aix-en-Provence.

  • Psychologie des criminels contre I’humanité, par Fransoise Sironi

Psychologue et maitre de conférences é I'Université Vincennes, Fransoise Sironi est experte auprés des tribunaux internationaux. Ses recherches en psychologie clinique et en psychopathologie portent sur les violences collectives et la psychologie des criminels contre I'humanité.

3 avril 2019, 18h, lMéRA, Marseille.

  • The Genocides in Cambodia, 1975-1979, par Ben Kiernan (conférence en anglais)

Spécialiste du génocide cambodgien, Benedict Kiernan est professeur d'histoire et professeur d'études aréales et internationales à Yale University, ancien directeur-fondateur du Programme d'études sur le génocide (1994-2015). Résident IMéRA 2018-2019, il est le premier titulaire de la Chaire EHESS/IMéRA sur les études transrégionales.


Contact : www.campdesmilles.org / www.imera.univ-amu.fr

06/11/2018

CYCLE - Analyse des réseaux et applications : approche interdisciplinaire #2

Mardi 6 novembre 2018, 14h-17h, Maison des astronomes, salle de conférences - entrée libre

« Solidarité, contrôle, régulation et apprentissage: une approche néo-structurale de l'action collective », par Emmanuel Lazega (sociologie, Sciences Po Paris).

Cours doctoral dans le cadre du cycle "Analyse des réseaux et applications : approche interdisciplinaire", organisé par Claire Bidart (Sociologue, Directrice de recherche au CNRS, Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail, Aix-Marseille Univ, CNRS) & Pierre Livet (Philosophe, Directeur de recherche émérite au CNRS)

Inscription des doctorants : Direction de la Formation Doctorale AMU - ADUM

OBECTIFS : Les analyses de réseaux se développent dans toutes les disciplines des sciences sociales (sociologie, économie, histoire, archéologie, géographie, gestion, science politique, anthropologie, linguistique, psychologie, éthologie…). Les réseaux interviennent également dans les travaux en mathématiques (théorie des graphes), en biologie (épidémiologie, réseaux de neurones…), en physique, en informatique, en étude des systèmes complexes… Dans ce séminaire seront présentés les apports des analyses de réseaux dans différentes disciplines en montrant leurs points communs et leurs spécificités, à partir de recherches empiriques. Les personnes qui ont déjà suivi ce séminaire les années précédentes restent bienvenues : à part la séance d’introduction, les autres introduisent les travaux d’autres disciplines que celles présentées auparavant. L’analyse de réseaux est l’étude des systèmes relationnels. Elle privilégie l’observation des relations entre les entités et du système formé par ces relations. Ces entités peuvent être des individus, des organisations, des objets, des lieux, des textes, des événements, des aéroports, des sites webs, des neurones… ou même des combinaisons de différents types d’entités à plusieurs niveaux. Les relations peuvent être des liens interpersonnels (parenté, amitié, collaboration…), des citations, des co-présences, des liaisons aériennes, des hyperliens, des connections neuronales, etc. Le système que forment ces entités et leurs relations constitue le réseau. L’étude précise de sa structure (dense, segmentée, dispersée, hiérarchique, modulaire…) est cruciale pour bien des questions posées dans différentes disciplines scientifiques, et se prête particulièrement bien aux échanges interdisciplinaires. Elle permet de dépasser l’approche statique et morphologique qui raisonne en termes de groupes, de corps et d’appartenances. Elle ne s’y oppose pas mais propose un point de vue complémentaire, souvent plus dynamique. L’analyse de réseaux peut être au cœur d’une démarche de recherche, mais peut aussi n’en constituer qu’une partie, à côté d’autres approches qualitatives ou quantitatives. Il s’agira ici d’exposer et d’appliquer les apports de l’analyse des réseaux. Nous envisagerons ses spécificités théoriques, expliciterons les indicateurs pertinents dans la description et l’analyse des réseaux, détaillerons des méthodes de construction empirique des données, proposerons des méthodes d’analyse en fonction de l’objet de la recherche. Public concerné : Tous doctorants mais aussi chercheurs, enseignants-chercheurs et autres personnes intéressées.

Lieu : IMéRA, Institut d’études avancées, Maison des astronomes, 2 place Le Verrier, 13004 Marseille (http://imera.univ-amu.fr/)

Programme : 8 modules de formation de 3 heures chacun

 2. Mardi 6 novembre 2018, 14h-17h : « Solidarité, contrôle, régulation et apprentissage: une approche néo-structurale de l'action collective », Emmanuel Lazega, sociologie, Sciences Po Paris.

 3. Mardi 4 décembre 2018, 14h-17h : « Fouille et modélisation de réseaux biologiques pour mieux comprendre les pathologies génétiques », Anaïs Baudot, bio-informatique, Marseille Medical Genetics, Inserm, Marseille.

 4. Mardi 8 janvier 2019, 14h-17h : "Apport méthodologique de la science des réseaux pour l'analyse de corpus de documents juridiques", Fabien Tarissan, informatique, Institut des Sciences sociales du
Politique, ENS Paris-Saclay.

5. Mardi 5 février 2019, 14h-17h : « Réseaux de parenté, résidentiels et migratoires », Klaus Hamberger, anthropologie, Laboratoire d’Anthropologie Sociale, EHESS Paris.

 6. Mardi 12 mars 2019, 14h-17h : Sociologie : « Réseaux familiaux : questions de recherche et approches empiriques », Eric Widmer, sociologie, Université de Genève.

 7. Mardi 2 avril 2019, 14h-17h : Archéologie : « Network science applied to archaeological research : visual signalling networks in the Himalayas and socio-economic networks in the Roman Empire », Tom Brughmans, School of Archaeology, University of Oxford. Séminaire en anglais.

 8. Vendredi 24 mai 2019, 14h-17h : Table ronde : « Dynamics of Ego-networks and life events », séminaire de sortie de résidence Team IMéRA.


Contact : claire.bidart@univ-amu.fr

Du 07/11/2018 au 08/11/2018

Colloque sur l'Energie : défis et perspectives

Conférence anniversaire des 10 ans de l’IMéRA - Energie : défis et perspectives

L'IMéRA célèbrera son 10ème anniversaire au cours de la prochaine année académique 2018-2019. En cette occasion, l'institut organise une série de conférences couvrant les grands thèmes de ses quatre programmes (Art, science et société ; Méditerranée ; Interdisciplinarité, et  Phénomènes globaux et régulation).

Les célébrations débuteront par une conférence sur "Energie: défis et perspectives", qui se tiendra les 7 et 8 novembre 2018 à l'institut. La conférence réunira des experts éminents dans tous les domaines de recherche sur l'énergie, allant des sciences dures à l'économie, en passant par le droit et la sociologie, ce qui constitue une excellente opportunité de favoriser les échanges interdisciplinaires et transdisciplinaires dans ce domaine.

IMéRA, 2 Place Le Verrier, 13004 Marseille

 

13/11/2018

Les Rendez-Vous de Demain : Comment les sciences éclairent-elles l'avenir ? #2

Un cycle de rencontres publiques au Théâtre du Gymnase (4 Rue du Théatre Français, 13001 Marseille), les mardis à 19h.

Rendez-Vous 2/ Mardi 13 novembre à 19h : Islam et liberté. Une autre perspective ?

Un islam de liberté est-il possible, pensable ? Quelles relectures possibles des textes pour favoriser l’expression d’une pensée critique dans l’islam contemporain ? Peut-on sortir des obscurantismes et des orthodoxies ?

Avec Yadh Ben Achour, juriste et philosophe du droit, 1er titulaire de la Chaire Averroès de l’IMéRA. Il est notamment l’auteur de « La 2ème Fatiha » PUF, 2011 et de «  Tunisie, une révolution en pays d’islam », Ceres Edition, 2016.

Et avec Leïla Tauil, philosophe, chargée de cours au département d’arabe de l’Université de Genève, spécialiste de la pensée critique dans l’islam contemporain, résidente de l’IMéRA, dans le cadre de la Chaire Averroès.


Prochaine date : Mardi 18 décembre à 19h

A chaque RV une table de libraire sera tenue par la Libraire Maupetit.

16/11/2018

CYCLE - il faudra bien manger #5

Vendredi 16 novembre 2018, 14h-16h30- IMéRA, Maison des astronomes, salle de conférences - entrée libre

Qui sera mangé ?, avec Jocelyne Porcher (UMR Innovation, Montpellier, sociologue, directrice de recherches à l’INRA-SAD) et Marion Laval-Jeantet (Biologie, ethnopsychiatrie, nutrition, chamanisme, et bio-art avec le collectif artiste Art Orienté Objet (AOO)

Organisé par Juliette Rouchier (LAMSADE, Paris-Dauphine, PSL ; Co-directrice du GDR Policy Analytics ; associée au GREQAM, AMSE) dans le cadre du cycle "Il faudra bien manger".


Jocelyne Porcher est zootechnicienne et sociologue, directrice de recherches à l’INRA-SAD (UMR Innovation, Montpellier). Elle s’est engagée dans une démarche de recherche après avoir été éleveuse et technicienne agricole. Ses recherches portent sur la relation de travail entre humains et animaux. http://jocelyneporcher.fr/

Marion Laval-Jeantet (Biologie, ethnopsychiatrie, nutrition, chamanisme, et bio-art avec le collectif artiste Art Orienté Objet (AOO) Quand la viande parle, que doit-on faire ? Depuis 1991, avec la création du duo artistique Art Orienté Objet, Marion LAVAL-JEANTET a abordé à de nombreuses reprises la question de la consommation des animaux. Elle abordera dans son intervention simultanément le point de vue sensible de l'artiste animalièr.e, le point de vue scientifique de la bio nutrition, et celui beaucoup moins connu de l'anthropologue, et de l'initié.e aux cultes chamaniques.
 
Marion LAVAL-JEANTET partage sa vie entre une pratique artistique et une pratique thérapeutique et de recherche en biologie et en ethnopsychiatrie. Diplômé de troisième cycle en art, en anthropologie et en psychologie, ses recherches se sont portées sur les rapports de l'art à la société contemporaine, en particulier dans le domaine « arts et sciences », mais aussi sur les cultures chamaniques, les relations polygames et les addictions. Après avoir repris des recherches en bio anthropologie et en immunologie, pour des projets d'art biotechnologique, elle a créé en 2015 l'association de Recherches en Nutrition contre les Maladies Auto-Immunes, et étudie la réparation de ces maladies dans le cadre de de la nutrition et de sa pratique clinique.

Grands témoins : Alberte Bondeau, IMBE-AMU (biologiste) ; Jean-Noël Consales, TELEMME-AMU (urbaniste, géographe). Les grands témoins sont des chercheurs marseillais connaissant très bien les sujets abordés, ils font des commentaires et lancent les débats.


contact : juliette.rouchier@dauphine.fr

21/11/2018

SEMINAIRE - Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #8

Mercredi 21 novembre 2018, 9h30 - 12h30 -IMéRA, Maison des astronomes, salle de conférences - entrée libre

Ecologies sonores, avec Makis Solomos, musicologue, professeur à l’université Paris 8 où il dirige l’unité de recherche Musidance ; Roberto Barbanti, philosophe, musicien, maître de conférence au département arts plastiques de l’université Paris 8, co-directeur de la revue Sonorités ; Grant Smith, artiste (http://self-noise.net/), coordinateur du collectif Sound Camp (http://soundtent.org/)

Responsables du séminaire : Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS).

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. 

Ces pratiques sont nombreuses et très différentes les unes des autres. Elles appartiennent à des domaines de la connaissance infiniment variés. Toutes supposent une relation au son ou au moins à des phénomènes ondulatoires qui sont de l’ordre du sonore - même s’ils défient les limites de la perception humaine et qu’ils impliquent la mise en œuvre de technologies qui étendent, déplacent et transposent les potentialités du sensible. Toutes aussi impliquent de mettre en place une logique dans laquelle la réception, la sensibilité et l’attention sont mobilisées comme des formes essentielles de l’expérience et de la connaissance, comme des moments qui déterminent et structurent notre relation à notre environnement, comme des vecteurs de notre capacité d’action, de représentation et d’invention. 

Bien sûr, la musique et plus généralement les pratiques sonores en art sont essentielles à notre réflexion et nous nous sentons héritiers du tournant qui a consisté, par exemple avec John Cage, à placer l’écoute au cœur d’une pensée de l’esthétique comme expérience. Mais bien au-delà de la musique ou des arts du son et de l’audio, il existe de nombreuses pratiques, qu’elles soient empiriques ou expérimentales et rationnellement formalisées, qui mettent en jeu de façon déterminante la question de l’écoute.

L’acoustique est évidemment la première d’entre elles et elle se trouve chaque fois impliquée d’une façon ou d’une autre.

Mais notre énoncé suggère aussi que l’écoute n’existe vraiment que dans et par une pratique. De ce point de vue là, l’écoute s’apprend, se développe, s’affine et s’oriente dans la relation à un ensemble organique où l’expérience et la théorie doivent trouver les modalités de leur dialectique. Toute écoute prend sens dans le contexte d’une situation qui engage la relation entre des acteurs et le milieu mouvant dans lequel ils évoluent. Elle contribue à donner sens à ce milieu et elle présuppose l’orientation d’une perception qui ne reçoit que parce qu’elle attend et s’interroge. L’écoute est éveil, exercice, pensée, mouvement, relation aux autres et au monde. Elle mobilise du savoir et le met à l’épreuve d’une situation signifiante. Elle s’inscrit dans une histoire qui est aussi l’histoire des disciplines qui la mettent en œuvre.

L’écoute est donc une notion à la fois transversale et toujours inscrite dans des pratiques spécifiques, qu’elles soient scientifiques ou artistiques, formalisées ou empiriques. Si elle engage des pratiques déterminées et multiples, elle ouvre aussi un espace de discussion, de partage et d’échange entre ces pratiques et ces savoirs, entre les arts et les sciences.


Le séminaire « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » est co-organisé par le laboratoire PRISM (AMU/CNRS) et par l’IMéRA.

Contact : cristo@plotseme.net
 

26/11/2018

CYCLE DE CONFERENCES - Les dynamiques d’extrémisation, en pensées et en actions

Lundi 26 novembre 2018, à 18h, IMéRa, Maison des astronomes, salle de conférence - entrée libre

La radicalisation islamiste, par Farhad Khosrokhavar

Sociologue franco-iranien, Farhad Khosrokhavar est également directeur d'études é l'Ecole des hautes études en sciences sociales et spécialiste de la radicalisation islamiste.

Séminaire organisé dans le cadre du cycle de conférences "Les dynamiques d’extrémisation, en pensées et en actions", proposé par la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Education et I’IMéRA, Institut d’Etudes Avancées d’Aix-Marseille Université.

Lieux: en alternance, a I’IMéRA (Marseille) et au site mémorial du Camp des Milles (Aix-en-Provence). Toutes les conférences sont fibres d’accés.


Depuis les attentats de janvier 2015, la radicalisation djihadiste a été mise a I’agenda scientifique et politique en France. S’impose aujourd’hui la recherche d’écIairages pertinents sur un phénoméne dont I’Histoire a montré Ie potentiel mortifére et contaminateur. Cette radicalisation s’inscrit dans un contexte plus large de développement de dynamiques d’extrémisations diverses, religieuses et politiques en particulier, avec leur cortége d’excIusions et de violences multiples, en particulier racistes, antisémites et xénophobes.

Ce cycle de conférences proposé conjointement par la Fondation du Camp des Milles et l’lnstitut Méditerranéen d’Etudes Avancées propose de contribuer a la réflexion sur ce sujet par une confrontation des analyses et par Ie débat entre chercheurs et citoyens.

Les termes radicalisations ou extrémisations recouvrent deux aspects, idéologique et comportemental, souvent mat distingués, qui se traduisent en pensées et en actions, en pensées ou en actions.

Ce cycle est destiné a éclairer les processus multifactoriels qui articulent -ou pas- la constitution d’un contenu cognitif -une pensée extréme- et I’adoption d’un comportement violent- comme Ie passage é I’acte terroriste. II implique une approche pluridisciplinaire combinant diverses échelles, temporelle, spatiale et pluridisciplinaire.

II s’agit en particulier de mieux comprendre I’origine du besoin individuel ou collectif de radicalité, la recherche de repéres forts, les influences idéologiques ou interpersonnelles et les fractures de la société qui servent de terreau en période de crises, et qui contribuent a des crispations individuelles ou collectives sur des repéres identitaires, religieux, nationalistes ou politiques.

II est aussi important de comprendre I’énjeu majeur pour les droits et libertés des défis que les extrémistes nous lancent : comment en particulier une société démocratique en arrive-t-elle, par réaction, a modifier ses régles et a enfreindre certaines des valeurs essentielles qu’eIIe veut pourtant protéger ?

L’analyse des drames du passé, crimes de masse et génocides -réalisation ultime d’une pensée extréme- est un levier puissant pour saisirjusqu’od et comment ces processus peuvent se développer et pour nous alerter au présent.

Faire converger ces mémoires douloureuses, c’est contribuer a la formation d’une expérience commune de I’humanité mais aussi nourrir les capacités d’une résistance individuelle et collective qui montra son efflcacité dans Ie passé et qui s’avére a nouveau nécessaire aujourd’hui. La « banalité du bien » s’opposa souvent a la « banalité du mat ».

Manipulation du langage, mensonges et démagogie ont ainsi toujours été des ingrédients des dynamiques extrémistes. Rien d’étonnant a ce que la question du rapport é la vérité apparaisse aujourd’hui comme centrale en ce qu’eIIe constitue une dimension essentielle de la formation d’une pensée extréme. Rumeurs, fake news, complotisme, « post-vérité » résistent a la critique rationnelle, sans doute parce qu’iIs s’en nourrissent et I’instrumentaIisent parfois. Ce qui pose aussi la question du potentiel de violence de la raison elle-méme.

Un défi majeur pour Ie monde scientifique et les sociétés démocratiques.


Prochaines dates : ​

27 février 2019, 18h, Camp des Milles (auditorium), Aix-en-Provence.

  • Psychologie des criminels contre I’humanité, par Fransoise Sironi

Psychologue et maitre de conférences é I'Université Vincennes, Fransoise Sironi est experte auprés des tribunaux internationaux. Ses recherches en psychologie clinique et en psychopathologie portent sur les violences collectives et la psychologie des criminels contre I'humanité.

3 avril 2019, 18h, lMéRA, Marseille.

The Genocides in Cambodia, 1975-1979, par Ben Kiernan (conférence en anglais)

Spécialiste du génocide cambodgien, Benedict Kiernan est professeur d'histoire et professeur d'études aréales et internationales à Yale University, ancien directeur-fondateur du Programme d'études sur le génocide (1994-2015). Résident IMéRA 2018-2019, il est le premier titulaire de la Chaire EHESS/IMéRA sur les études transrégionales.


Contact : www.campdesmilles.org / www.imera.univ-amu.fr

29/11/2018

Conférence - L'Islam face au défi des temps modernes : Sur le concept d'orthodoxie de masse.

Jeudi 29 novembre de 18h à 20 h - IMéRA, salle de conférence de la Maison des astronomes, 2 place Leverrier 13004 Marseille 

Rendez-Vous 2 : Sur le concept d'orthodoxie de masse.

 Le concept d’orthodoxie de masse dérive de quelques idées clé. En premier lieu, le caractère civil de la religion islamique, prouvé par toute la théorie (théologie, écoles juridiques, doctrines politiques) et les pratiques constitutionnelles historiques de l’islam. L’État islamique se pose comme un État de croyants, monades en relation directe avec Dieu. C’est dans cette situation de sublime, bien qu’effroyable isolement, que tout individu doit, sans intermédiaire, affronter l’univers sidéral qui le sépare de Dieu. La religion « islam » est l’origine d’une structure mentale qui met en scène le multiple, face à l’Unique, que cet unique soit le divin lui-même ou son seul représentant sur terre, le prince des croyants. L’absence d’Instance religieuse constitutionnellement autonome, l’unité du pouvoir politique et des gestionnaires du savoir sacré et du culte expliquent la politisation particulière de la religion islamique à travers l’histoire. L’élite du savoir religieux disserte et la masse consacre. Cela provoque à la fois la constitution de l’orthodoxie majoritaire et des religions dérivées.

Avec Yadh Ben Achour, juriste et philosophe du droit, 1er titulaire de la Chaire Averroès de l’IMéRA. Il est notamment l’auteur de « La 2ème Fatiha » PUF, 2011 et de «  Tunisie, une révolution en pays d’islam », Ceres Edition, 2016.

Prochaines conférences du cycle : L'Islam face au défi des temps modernes :

17 janvier 2019 : L'universalité de la norme démocratique et l'Islam.
31 janvier 2019 : L'Islam et l'universalité de la norme démocratique.
25 avril 2019 : Conversion, violence et tolérance. Approche comparée entre l'Islam et le christianisme.
6 juin 2019 : L'islam et la révolution.

04/12/2018

CYCLE - Analyse des réseaux et applications : approche interdisciplinaire #3

Mardi 4 décembre 2018, 14h-17h, Maison des astronomes, salle de conférences - entrée libre

« Fouille et modélisation de réseaux biologiques pour mieux comprendre les pathologies génétiques », par Anaïs Baudot (bio-informatique, Marseille Medical Genetics, Inserm, Marseille).

Cours doctoral dans le cadre du cycle "Analyse des réseaux et applications : approche interdisciplinaire", organisé par Claire Bidart (Sociologue, Directrice de recherche au CNRS, Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail, Aix-Marseille Univ, CNRS) & Pierre Livet (Philosophe, Directeur de recherche émérite au CNRS)

Inscription des doctorants : Direction de la Formation Doctorale AMU - ADUM

OBECTIFS : Les analyses de réseaux se développent dans toutes les disciplines des sciences sociales (sociologie, économie, histoire, archéologie, géographie, gestion, science politique, anthropologie, linguistique, psychologie, éthologie…). Les réseaux interviennent également dans les travaux en mathématiques (théorie des graphes), en biologie (épidémiologie, réseaux de neurones…), en physique, en informatique, en étude des systèmes complexes… Dans ce séminaire seront présentés les apports des analyses de réseaux dans différentes disciplines en montrant leurs points communs et leurs spécificités, à partir de recherches empiriques. Les personnes qui ont déjà suivi ce séminaire les années précédentes restent bienvenues : à part la séance d’introduction, les autres introduisent les travaux d’autres disciplines que celles présentées auparavant. L’analyse de réseaux est l’étude des systèmes relationnels. Elle privilégie l’observation des relations entre les entités et du système formé par ces relations. Ces entités peuvent être des individus, des organisations, des objets, des lieux, des textes, des événements, des aéroports, des sites webs, des neurones… ou même des combinaisons de différents types d’entités à plusieurs niveaux. Les relations peuvent être des liens interpersonnels (parenté, amitié, collaboration…), des citations, des co-présences, des liaisons aériennes, des hyperliens, des connections neuronales, etc. Le système que forment ces entités et leurs relations constitue le réseau. L’étude précise de sa structure (dense, segmentée, dispersée, hiérarchique, modulaire…) est cruciale pour bien des questions posées dans différentes disciplines scientifiques, et se prête particulièrement bien aux échanges interdisciplinaires. Elle permet de dépasser l’approche statique et morphologique qui raisonne en termes de groupes, de corps et d’appartenances. Elle ne s’y oppose pas mais propose un point de vue complémentaire, souvent plus dynamique. L’analyse de réseaux peut être au cœur d’une démarche de recherche, mais peut aussi n’en constituer qu’une partie, à côté d’autres approches qualitatives ou quantitatives. Il s’agira ici d’exposer et d’appliquer les apports de l’analyse des réseaux. Nous envisagerons ses spécificités théoriques, expliciterons les indicateurs pertinents dans la description et l’analyse des réseaux, détaillerons des méthodes de construction empirique des données, proposerons des méthodes d’analyse en fonction de l’objet de la recherche. Public concerné : Tous doctorants mais aussi chercheurs, enseignants-chercheurs et autres personnes intéressées.

Lieu : IMéRA, Institut d’études avancées, Maison des astronomes, 2 place Le Verrier, 13004 Marseille (http://imera.univ-amu.fr/)

Programme : 8 modules de formation de 3 heures chacun

4. Mardi 8 janvier 2019, 14h-17h : "Apport méthodologique de la science des réseaux pour l'analyse de corpus de documents juridiques", Fabien Tarissan, informatique, Institut des Sciences sociales du
Politique, ENS Paris-Saclay.

5. Mardi 5 février 2019, 14h-17h : « Réseaux de parenté, résidentiels et migratoires », Klaus Hamberger, anthropologie, Laboratoire d’Anthropologie Sociale, EHESS Paris.

 6. Mardi 12 mars 2019, 14h-17h : Sociologie : « Réseaux familiaux : questions de recherche et approches empiriques », Eric Widmer, sociologie, Université de Genève.

 7. Mardi 2 avril 2019, 14h-17h : Archéologie : « Network science applied to archaeological research : visual signalling networks in the Himalayas and socio-economic networks in the Roman Empire », Tom Brughmans, School of Archaeology, University of Oxford. Séminaire en anglais.

 8. Vendredi 24 mai 2019, 14h-17h : Table ronde : « Dynamics of Ego-networks and life events », séminaire de sortie de résidence Team IMéRA.


Contact : claire.bidart@univ-amu.fr

18/12/2018

Les Rendez-Vous de Demain : Comment les sciences éclairent-elles l'avenir ? #3

Un cycle de rencontres publiques au Théâtre du Gymnase (4 Rue du Théatre Français, 13001 Marseille), les mardis à 19h.

Rendez-Vous 3/ Mardi 18 décembre à 19h : Sport, santé et performance. Apprendre à guérir ?

Que peut nous apporter le sport dans ses relations à la santé ? Peut-il contribuer à la guérison, notamment de malades du cancer, comme l’expérimente aujourd’hui le projet « Rebond » ? La performance sportive peut-elle être une source d’inspiration et de fertilisation pour nos sociétés ?

Avec Pierre Dantin, Professeur des Universités, Vice-Doyen de la Facultés des Sciences du Sport de Marseille, Co-Directeur du Laboratoire « Management, Sport, Santé » d’Aix-Marseille Université. Il est responsable du programme « Rebond » réalisé en collaboration avec l’Institut Paoli Calmettes

Et avec Claude Onesta, entraîneur durant de longues années de l’équipe de France de Handball, il a, avec cette équipe, ramené les titres de Champion Olympique, Champion du monde et Champion d’Europe. Il dirige désormais la préparation de l’Equipe de France Olympique 2024. Il est pleinement impliqué dans le projet « Rebond » autour de Sport et Santé depuis son origine.


A chaque RV une table de libraire sera tenue par la Libraire Maupetit.

19/12/2018

SEMINAIRE - Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #2

Mercredi 19 décembre 2018, 9h30 - 13h00 -IMéRA, Maison des astronomes, salle de conférences - entrée libre

Musiques, Histoires, Reconstructions virtuelles des espaces acoustiques, avec Julien Ferrando, musicien, musicologue, maître de conférence à l’AMU, chercheur au laboratoire PRISM (AMU-CNRS) ; Mylène Pardoen, musicologue, historienne, spécialiste de l’archéologie sonore, chercheuse à l’Institut des Sciences de l’Homme (CNRS) à Lyon (https://www.researchgate.net/profile/Mylene_Pardoen).

Responsables du séminaire : Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS).

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. 

Ces pratiques sont nombreuses et très différentes les unes des autres. Elles appartiennent à des domaines de la connaissance infiniment variés. Toutes supposent une relation au son ou au moins à des phénomènes ondulatoires qui sont de l’ordre du sonore - même s’ils défient les limites de la perception humaine et qu’ils impliquent la mise en œuvre de technologies qui étendent, déplacent et transposent les potentialités du sensible. Toutes aussi impliquent de mettre en place une logique dans laquelle la réception, la sensibilité et l’attention sont mobilisées comme des formes essentielles de l’expérience et de la connaissance, comme des moments qui déterminent et structurent notre relation à notre environnement, comme des vecteurs de notre capacité d’action, de représentation et d’invention. 

Bien sûr, la musique et plus généralement les pratiques sonores en art sont essentielles à notre réflexion et nous nous sentons héritiers du tournant qui a consisté, par exemple avec John Cage, à placer l’écoute au cœur d’une pensée de l’esthétique comme expérience. Mais bien au-delà de la musique ou des arts du son et de l’audio, il existe de nombreuses pratiques, qu’elles soient empiriques ou expérimentales et rationnellement formalisées, qui mettent en jeu de façon déterminante la question de l’écoute.

L’acoustique est évidemment la première d’entre elles et elle se trouve chaque fois impliquée d’une façon ou d’une autre.

Mais notre énoncé suggère aussi que l’écoute n’existe vraiment que dans et par une pratique. De ce point de vue là, l’écoute s’apprend, se développe, s’affine et s’oriente dans la relation à un ensemble organique où l’expérience et la théorie doivent trouver les modalités de leur dialectique. Toute écoute prend sens dans le contexte d’une situation qui engage la relation entre des acteurs et le milieu mouvant dans lequel ils évoluent. Elle contribue à donner sens à ce milieu et elle présuppose l’orientation d’une perception qui ne reçoit que parce qu’elle attend et s’interroge. L’écoute est éveil, exercice, pensée, mouvement, relation aux autres et au monde. Elle mobilise du savoir et le met à l’épreuve d’une situation signifiante. Elle s’inscrit dans une histoire qui est aussi l’histoire des disciplines qui la mettent en œuvre.

L’écoute est donc une notion à la fois transversale et toujours inscrite dans des pratiques spécifiques, qu’elles soient scientifiques ou artistiques, formalisées ou empiriques. Si elle engage des pratiques déterminées et multiples, elle ouvre aussi un espace de discussion, de partage et d’échange entre ces pratiques et ces savoirs, entre les arts et les sciences.


Le séminaire « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » est co-organisé par le laboratoire PRISM (AMU/CNRS) et par l’IMéRA.

Contact : cristo@plotseme.net