Agenda

Du 19/01/2021 au 11/06/2021

Atelier de recherche / Styles de vie en Méditerranée / 2021

Du 19 janvier 2021 au 11 juin 2021, à l'IMéRA, Maison des astronomes - entrée libre

Partager l’universel ? Entre partage des langues et partage des mémoires en Méditerranée

Longtemps le rapport à l’universel a été univoque, unilatéral et vertical. Une norme, des valeurs, des principes qui s’imposent, comme s’ils étaient hors du temps et de l’histoire. Le temps n’est-il pas venu, alors que s’écrit une histoire monde, une histoire connectée ou une histoire à parts égales, d’imaginer un rapport à l’universel qui soit plus complexe ? Est-il possible d’envisager un autre rapport à l’universel, qui soit plus horizontal et moins unilatéral ? Peut-on partager l’universel ? Sur quelles bases ? Qu’est-ce que cela signifie, plus précisément ? Quel sens donner à ce nouveau rapport à l’universel et quelle portée cela peut-il avoir sur nos styles de vie ? Partager l’universel passe-t-il par un partage des langues et des mémoires ? Telle est la question qui nous servira de fil conducteur durant les six séances de cet Atelier de recherche en 2021.*


  • 1re séance (REPORTÉE)

Partager l’universel, une question ouverte ?

(Reportée à une date ultérieure) Avec Barbara Cassin*

Lors de cette séance d’ouverture, Barbara Cassin, qui a notamment dirigé le Vocabulaire européen des philosophies ou Le dictionnaire des intraduisibles, introduira la question du partage de l’universel, comme une question ouverte. «  Car l’universel, c’est toujours l’universel de quelqu’un  ; l’universel qui arrange celui qui dit  : “Voilà l’universel” et le désigne comme tel. La situation type est évidemment le colonialisme », observe Barbara Cassin dans son dernier livre, Le bonheur, sa dent douce à la mort (Fayard, 2020, p 40). La question de la traduction et du pouvoir de la langue, pour fabriquer du commun, est au cœur de la réflexion au long cours de Barbara Cassin. Elle en souligne notamment l’enjeu dans son dernier livre  : « La tâche de la traduction : faire avec les différences et non les gommer ou les fondre. » (op cit, p. 163) *Barbara Cassin, philosophe et philologue, directrice de recherche émérite au CNRS et médaille d’or 2018 du CNRS. Membre de l’Académie française.

  • 2e séance

Lingua franca, et après ?

Vendredi 12 février 2021, entre 14 h et 17 h Avec Jocelyne Dakhlia* et Noureddine Affaya**

La question de la lingua franca, en Méditerranée, dans le temps long de l’histoire, est au centre de la réflexion de Jocelyne Dakhlia. Langue de contact, d’échange, d’intercession, cette lingua franca d’hier s’estelle métamorphosée aujourd’hui en lingua franca visuelle ? C’est l’hypothèse de Noureddine Affaya qui sera en dialogue avec Jocelyne Dakhlia. *Jocelyne Dakhlia, historienne, directrice de recherche à l’EHESS, est l’auteure de Lingua franca. Histoire d’une langue métisse en Méditerranée, Actes Sud, 2008, 592 p. **Noureddine Affaya, philosophe, professeur à la Faculté des lettres et des sciences humaines - Université Mohammed V à Rabat. Il est l’auteur de « Vers une lingua franca visuelle en Méditerranée », in La Fabrique de Méditerranée, Arnaud Bizalion éditeur, 2020, p. 133-140.

  • 3e séance

Partager et traduire la littérature arabe ?

Vendredi 19 mars 2021, entre 14 h et 17 h Avec Iman Mersal* et Richard Jacquemond**

À travers la rencontre d’une poète et de son traducteur, il s’agit d’explorer le partage des langues, entre l’arabe et le français, et le partage de l’universel, à partir de l’expérience de la traduction littéraire. Ou comment explorer les chemins inconnus de la langue arabe, par la traduction ? *Iman Mersal, poète et écrivain, titulaire de la chaire Camus à l’IMéRA en 2021. Elle est notamment l’auteure de l’anthologie poétique Des choses m’ont échappé, Sindbad/Actes Sud, 2008, 128 p ; et d’un recueil à paraître en 2021, aux éditions Actes Sud, traduit également par Richard Jacquemond, Sur les traces d’Anayat El-Zayat (titre provisoire). **Richard Jacquemond, professeur de littérature arabe à Aix Marseille Université, directeur de l’IREMAM. Il a publié une vingtaine de traductions, d’auteurs presque tous égyptiens, dont huit romans de Sonallah Ibrahim et les poèmes d’Iman Mersal. Il a également publié une monographie Entre scribes et écrivains. Le champ littéraire dans l’Égypte contemporaine, Sindbad/Actes Sud, 2003 (traduit en anglais et en arabe) et dirigé ou codirigé plusieurs ouvrages  collectifs,  notamment Culture and Crisis in the Arab World. Art, Practice and Production in Spaces of Conflict, Londres, I. B. Tauris, 2019 (codirigé avec Felix Lang), et Culture pop en Égypte. Entre mainstream commercial et contestation, Paris, Riveneuve éditions, 2020 (codirigé avec Frédéric Lagrange).

  • 4e séance

Partager ou/et opposer les mémoires ? Réflexions à propos du génocide arménien/ de la « Grande catastrophe »…

Vendredi 30 avril 2021, entre 14 h et 17 h Avec Cengiz Aktar* et Michel Marian**

La question du génocide arménien, de la reconnaissance de la «  Grande catastrophe  », véritable fantôme qui hante toujours la société turque contemporaine, est un des nœuds de mémoires parmi les plus profonds et les plus vifs en Méditerranée. Comment explorer les chemins d’une possible reconnaissance, à l’heure où les conflits politiques et militaires entre la Turquie et l’Arménie sont réactivés ? Un dialogue entre Cengiz Aktar et Michel Marian. *Cengiz Aktar, politologue turc, vivant aujourd’hui en Grèce. Il est un des fondateurs de la Fondation Hrant Dink, à Istanbul et à l’origine de l’appel lancé pour la reconnaissance de « La Grande Catastrophe ». Il est l’auteur de L’Appel au Pardon, des Turcs s’adressent aux Arméniens, CNRS édition, 2010, 98 p. ; et du Malaise turc, Edition Empreinte, 2020, 98 p.. **Michel Marian, philosophe, membre du comité de rédaction de la revue Esprit, travaille depuis de longes années sur la question arménienne. Il est notamment l’auteur du Génocide arménien, Albin Michel, 2015, 176 p. ; et de Dialogue sur le tabou arménien, avec Ahmet Insel, Édition Liana Levi, 2009, 176 p..

  • 5e séance

Partager ou/et opposer les mémoires ? Réflexions à propos de la guerre d’Algérie

Vendredi 21 mai 2021, entre 14 h et 17 h Avec Raphaëlle Branche* et Mohamed Kacimi**

La guerre d’Algérie est un des nœuds de mémoire qui traverse et qui travaille toujours en profondeur la société française comme la société algérienne. Est-il possible de contribuer à le dénouer ? Comment raconter cette histoire aujourd’hui et partager des mémoires conflictuelles ? Une mise en récits, fondée sur la singularité de chacun et une réciprocité des approches, peut-elle changer la donne ? Rencontre entre une historienne et un écrivain, homme de théâtre. *Raphaëlle Branche, historienne, professeure à l’Université de Paris Nanterre. Elle est l’auteure de La guerre d’Algérie  : une histoire apaisée  ? Le Seuil, 2005, 445 p. ; de La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, Gallimard, 2001, 474 p. ; et de Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? Enquête sur un silence familial, La Découverte, 2020. **Mohammed Kacimi, écrivain et dramaturge, est l’auteur de 1962, Actes Sud Papiers, 1998 ; de La confession d’Abraham, Gallimard, coll. Folio, 2012 ; et de la pièce Congo Jazz band, mise en scène par Hassane Kassi Kouyaté, en 2020.

  • 6e séance

Partager les droits de l’homme ?

Vendredi 11 juin 2021, entre 14 h et 17 h Avec Kamel Jendoubi*, Driss el Yazami** et avec la contribution d’Ali Essafi***

Mettre les droits de l’homme en partage semble être un cheminement aussi difficile qu’inédit. Les droits de l’homme sont-ils une politique  ? Quels genres de combats inspirent-ils ? Définissent-ils un certain rapport à l’universel  ? Sont-ils devenus au Maghreb une référence intérieure  ? Comment peuvent-ils devenir effectifs et inspirer des modes de vie contemporains, notamment démocratiques ? Un dialogue entre Kamel Jendoubi et Driss el Yazami, suivi de la projection du film documentaire d’Ali Essafi, Avant le déclin du jour. *Kamel Jendoubi, militant des droits de l’homme et responsable politique tunisien, a été ministre en charge des Droits de l’Homme dans le gouvernement dirigé par Habib Essid en 2016. Il est l’auteur de Que vive la République ! Tunisie (1957-2017), Éd. Alif, 2018. **Driss el Yazami, militant marocain des droits de l’homme, fut président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) au Maroc entre 2011 et 2018. Il a été le commissaire de nombreuses expositions liées aux questions de migrations. Il a contribué à nombre de livres sur les questions relatives aux migrations et aux droits de l’homme. ***Ali Essafi, cinéaste, artiste vidéaste et documentariste, est l’auteur de nombreux films dont Al Hareb (2011), Al Bab Al Sabea (2018) et du récent Avant le déclin du jour, Arte (2021).

* Cet Atelier de recherche est conçu et animé par Dionigi Albera, Thierry Fabre et Mohammed Tozy.

21/01/2021

COMMUNITY BUILDING SEMINAR avec Daniel Monterescu

Jeudi 21 janvier 2021, 10:00-12:00, IMéRA, Maison Neuve, 1er étage - entrée sur invitation

"Border Wines: An Analytic Tasting of Frontier Politics", par Daniel Monterescu, Associate professor of anthropology at the Central European University, Budapest/Vienna - Holder of the EHESS/IMéRA chair on transregional studies

Plus d'informations sur Daniel Monterescu et son projet de recherche


Le "Community Building Seminar" a lieu chaque semaine et permet aux résidents de partager à tour de rôle leurs recherches, problématiques et méthodes avec les autres résidents, dans le respect des normes sanitaires et gestes barrières en vigueur.

Contact : philippe.passebon@univ-amu.fr

 

28/01/2021

COMMUNITY BUILDING SEMINAR avec Seth Holmes

Jeudi 28 janvier 2021, 10h00-12h00, IMéRA, Maison Neuve, 1er étage - entrée sur invitation

"Looking Back: Learning How (Not) to See in Medical School" avec Seth Holmes, Associate Professor and Chair, Medical Anthropology, Society and Environment / University of California Berkeley - Holder of the Paoli Calmettes Institute/IMéRA Chair in Integrated Cancerology

Plus d'informations sur Seth Holmes et son projet de recherche

This presentation comes from a draft chapter of my book, tentatively titled "Training for Unequal Care: Medical Students and Social Inequality in the 21st Century".  This chapter combines ethnography focused on indigenous migrant farmworker health in the United States with reflexive analysis of medical training.  The chapter develops a phenomenological, embodied understanding of the production of the medical gaze in the midst of significant and growing social inequalities in the U.S.  Tacking back and forth between ethnography and theorization, the chapter seeks to highlight the importance of the clinical subjectivation of health professionals to the care experienced by patients in the midst of racial capitalism.


Le "Community Building Seminar" a lieu chaque semaine et permet aux résidents de partager à tour de rôle leurs recherches, problématiques et méthodes avec les autres résidents, dans le respect des normes sanitaires et gestes barrières en vigueur.

Contact : philippe.passebon@univ-amu.fr

Du 28/01/2021 au 16/04/2021

Chaire Averroès - Cycle de conférences / "LES LANGAGES POLITIQUES EN ISLAM"

Du 28 janvier au 16 avril 2021, IMéRA, Maison des Astronomes, salle de conférences - entrée libre

Chaire Averroès Cycle de conférences - LES LANGAGES POLITIQUES EN ISLAM

Un cycle de conférences publiques imaginé par Sobhi Bouderbala, titulaire de la chaire Averroès (2020/2021) à l’IMéRA (Institut d’études avancées d’Aix-Marseille Université) et par Julien Loiseau, professeur des universités, histoire du monde islamique médiéval, Aix-Marseille Université avec le soutien de la Fondation de l’Islam de France et de l’initiative d’excellence A*midex, d’Aix-Marseille Université, en partenariat avec les Rencontres d’Averroès. 


La question du politique en Islam, de ses manifestations et de son rapport au religieux, reste l’un des thèmes majeurs qui animent les débats non seulement académiques, mais aussi publics et médiatiques. L’idée largement répandue est celle d’une religion foncièrement politique, d’un système où le politique et le religieux se confondent pour former un modèle théocratique, d’où l’incapacité de l’Islam à rejoindre la modernité. Ce paradigme, renforcé par les doctrines fondamentalistes, empêche une juste appréciation des pluralités des expériences politiques en Islam, de la nature séculière des pouvoirs ayant exercé dans le monde islamique. Ce monde, construit autour d’un empire, d’une économie globale, d’une culture politique, d’un univers visuel, d’un habitus social et d’un langage commun disparaît à l’aube du XXe siècle pour des raisons multiples – dont la crise des Chaire Averroès Cycle de conférences* LES LANGAGES POLITIQUES EN ISLAM sociétés impériales et la construction des identités nationales –, laissant la place à ce qu’on appelle aujourd’hui le monde musulman, où le mot ‘islam’ ne désigne plus guère que la religion musulmane. Ce cycle de conférences se propose de réunir historiens, philosophes et spécialistes du Coran pour débattre de la nature du pouvoir politique en Islam, de la nécessité de « relire le Coran » en tenant compte du contexte politique et culturel dans lequel il a été codifié. Il s’agit de revenir aux premiers documents officiels de l’Islam pour comprendre la mise en place de politiques de gouvernement à l’adresse des différentes populations qui formaient l’empire islamique. Ces conférences publiques se proposent d’analyser quelques textes fondateurs d’éthique et de philosophie politique qui rompent avec la prédominance du théologique sur le politique et permettent d’apprécier une pensée politique en Islam largement ignorée. De nouveaux langages politiques en Islam s’élaborent aujourd’hui. Saurons-nous les découvrir et les comprendre ? Telle est la vocation et la raison d’être de ce cycle de conférences publiques.


  • 28 janvier // 18h-20h 

Le califat à l’épreuve de l’histoire : retour sur la pratique du pouvoir dans la longue durée de l’Islam 

par Sobhi Bouderbala* et Julien Loiseau** 

Peut-on parler encore de califat en Islam ? Si le terme est largement utilisé et admis pour définir la nature du politique, depuis son appropriation par les réformateurs musulmans du début du XXe siècle, l’analyse historienne permet de nuancer sa validité en mettant en exergue la pluralité des pratiques politiques sur la longue durée. Ou comment remettre en cause la prédominance du religieux dans la sphère politique en Islam ? 

* Sobhi Bouderbala, maître assistant à l’université de Tunis et titulaire de la chaire Averroès à l’IMéRA (Institut d’études avancées de Aix-Marseille université). Spécialiste des débuts de l’Islam et de papyrologie arabe, il a notamment édité (avec Sylvie Denoix et Matt Malczycki), New Frontiers of Arabic Papyrology Arabic and Multilingual Texts from Early Islam, Brill, Leyde, 2017. 

** Julien Loiseau est professeur des universités, histoire du monde islamique médiéval, et responsable du projet européen HornEast. Horn & Crescent. Connections, Mobility and Exchange between the Horn of Africa and the Middle East in the Middle Ages (ERC). Il est notamment l’auteur des Mamelouks XIIIe -XVIe siècle : une expérience du pouvoir dans l’Islam médiéval, Seuil, Paris, 2014. Il est co-auteur du livre (sous la direction de Vincent Lemire), Jérusalem : histoire d’une ville-monde des origines à nos jours, Flammarion, coll. Champs histoire, 2016.

  • 25 février // 18h-20h

Histoires et langages du Coran : autour du Coran des historiens 

par Mohammad Ali Amir-Moezzi*Guillaume Dye** et Sobhi Bouderbala 

Les études coraniques connaissent un essor important depuis quelques décennies, grâce au renouvellement des méthodes d’analyse et à la découverte de plusieurs codex coraniques du premier siècle islamique. La publication de la somme Le Coran des historiens en témoigne. Cette conférence reviendra longuement sur les différents langages du Coran, le processus de sa codification et le rôle du politique dans la canonisation du texte coranique. 

* Mohammad Ali Amir-Moezzi est professeur des universités, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE). Spécialiste du Coran et du chiisme. Parmi ses ouvrages, Le Coran silencieux et le Coran parlant. Sources scripturaires de l’islam entre histoire et ferveur, CNRS, Paris, 2011. Il est co-directeur du Coran des historiens, Les éditions du Cerf, 2019. 

** Guillaume Dye est professeur d’islamologie à l’Université libre de Bruxelles, spécialiste des études coraniques et de l’histoire des débuts de l’Islam. Il a notamment publié (avec Fabien Nobilio), Figures bibliques en islam, Fernelmont, Bruxelles, 2011. Il est co-directeur du Coran des historiens, Cerf, 2019. 

  • 18 mars // 18h-20h 

Gouverner l’empire : politique et administration dans les premiers temps de l’Islam 

par Sobhi Bouderbala et Arietta Papaconstantinou* 

S’étirant de l’Asie centrale à l’Espagne au VIIIe siècle, l’empire islamique a gouverné des populations variées et a absorbé les cultures antiques qui ont largement contribué à la formation de ce qu’on appelle la civilisation islamique. Des milliers de documents écrits en grec, copte et arabe témoignent de la mise en place d’une administration impériale dont les mécanismes répondent au souci de diriger des sociétés cosmopolites, largement connectées, créant ainsi une nouvelle éthique de gestion des choses et d’administration des hommes. 

* Arietta Papaconstantinou, Associate Professor à l’université de Reading (Angleterre), spécialiste de l’histoire religieuse, sociale et économique du Proche-Orient antique et médiéval. Elle est notamment l’auteure du Culte des saints en Égypte des Byzantins aux Abbasides : l’apport des inscriptions et des papyrus grecs et coptes, CNRS, Paris, 2001. Elle a édité Writing ‘True Stories’. Historians and Hagiographers in the Late Antique and Medieval Near East, Brepols, Turnhout, 2010.

  • 16 avril // 18h-20h 

Conseiller et penser le politique en Islam 

par Makram Abbès* et Sobhi Bouderbala 

Les premiers textes fondateurs de la pensée politique en Islam voient le jour dans les capitales impériales (Damas puis Bagdad), de la plume de secrétaires et conseillers fins connaisseurs des expériences politiques du Proche-Orient et de ses langues, notamment le grec et le persan. Cette tradition s’ancre durablement dans l’univers politique de l’Islam et se consolide avec l’écriture des premiers traités de philosophie politique à partir du IXe siècle, donnant naissance à un débat fondamental entre théologiens et philosophes sur la nature du politique en Islam. 

*Makram Abbès, professeur en études arabes à l’École normale supérieure de Lyon, spécialiste de philosophie arabe et des questions théologico-politiques en Islam. Auteur de nombreux ouvrages dont Islam et politique à l’âge classique, PUF, coll. Philosophies, 2009 ; et Al-Māwardī, De l’éthique du Prince et du gouvernement de l’État, Les Belles Lettres, coll. Sagesses médiévales, 2015.


La chaire Averroès* Créée en 2018 à l’initiative de Thierry Fabre, dans le cadre du programme Méditerranée de l’IMéRA (Institut méditerranéen de recherches avancées), la chaire Averroès a pour objectif d’ouvrir un espace à la pensée critique dans l’Islam contemporain. Loin des orthodoxies et des obscurantismes, il s’agit d’explorer de nouveaux territoires de la pensée. À partir d’une approche résolument inter-disciplinaire et d’un questionnement centré notamment sur l’Islam méditerranéen, la chaire Averroès a pour vocation d’accueillir chaque année à Marseille des chercheurs de rang mondial.
 

04/02/2021

COMMUNITY BUILDING SEMINAR avec Anna Raimondo

Jeudi 4 février 2021, 10h00-12h00, IMéRA, Maison Neuve, 1er étage - entrée sur invitation

"Vers une écoute de genre des voix ", par Anna Raimondo, Artiste et doctorante en Arts et Sciences de l'art auprès de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles (ARBA) et l’Université Libre de Bruxelles (ULB) 

Plus d'informations sur Anna Raimondo et son projet de recherche

Articulant au monde sonore la « perspective de genre », outil féministe pour interroger de manière critique la construction de genre dans ce que l'on voit, je propose ici l’« écoute de genre » pour contribuer  à la déconstruction binaire des voix, en identifiant les conditionnements ou déterminants sociaux qui entrent aussi en jeu dans l'interprétation et la production de l’entendu. A partir d’une écoute de genre, la voix deviendrait celle d'une femme dès lors que sont activés des schémas binaires normatifs (Cusick 1994). Si, par l'identification à ces catégories, certains corps deviennent intelligibles à travers des écarts épistémologiques (Butler 2018), comment ce même mécanisme opère-t-il dans la construction des voix électroniques? Est-ce que cette opération génère a priori les mêmes promesses d'écoute? 

En dialogue avec un corps de théories féministes issues de sonic studies et des sciences sociales, je mettrais également en dialogue différentes travaux artistiques avec le mien pour essayer d'explorer des possibles réponses à ces questions.


Le "Community Building Seminar" a lieu chaque semaine et permet aux résidents de partager à tour de rôle leurs recherches, problématiques et méthodes avec les autres résidents, dans le respect des normes sanitaires et gestes barrières en vigueur.

Contact : philippe.passebon@univ-amu.fr

 

08/02/2021

CYCLE "Recherche, Arts et pratiques numériques"

Lundi 8 février 2021, (heure à définir), IMéRA

Nouvelles écritures indisciplinées : art, design et sciences sociales, avec Francesca Cozzolino, Enseignante-chercheure, EnsadLab, laboratoire de recherche en art et design de l’École des Arts Décoratifs de Paris. Chercheure affiliée au Laboratoire d’Ethnologie et Sociologie Comparative (LESC, UMR 7186 CNRS/Université de Paris Nanterre) et Lucile Haute, Maîtresse de conférences en design à l’Université de Nîmes, chercheuse associée à EnsadLab, École des Arts Décoratifs de Paris.

Résumé :

Lors de cette séance, Francesca Cozzolino, exposera les enjeux épistémologiques et méthodologiques des nouvelles formes d’écriture en sciences sociales lorsqu’elles croisent la recherche en art et en design à partir de projets de recherche et expérimentations éditoriales développées au sein d’EnsadLab (laboratoire de recherche en art et design de l’École des Arts Décoratifs, de Paris). Dans un deuxième temps, Lucile Haute étudiera les formes de publication de la recherche-création, abordant succinctement les enjeux institutionnels puis se concentrera sur des cas concrets. Le corpus présenté réunira des publications imprimées, numériques et hybrides. Il s’agira d’en étudier la conception éditoriale, graphique et interactive, et jusqu’à leurs écosystèmes techniques. Dans la troisième partie de la séance, les deux chercheuses rendrons compte d’une expérience de publication expérimentale issue d’un projet de recherche-création engagé à EnsadLab et ayant donné lieu à l’ouvrage numérique intitulé : La création en actes. Enquête autour d’une exposition de Pierre di Sciullo. Le parti pris de cet ouvrage est de proposer des agencements visuels et sonores et des modalités interactives permettant une narration qui témoigne de la création en train de se faire. Il s’agit dès lors de reproduire dans un livre numérique la manipulation des œuvres au moyen non seulement d’une documentation des pièces in situ mais également d’une remédiation des principes interactifs de l’œuvre originale. Comment restituer, remédier ou traduire les expériences sensibles de la visite de l’exposition ? Quelle forme éditoriale donner à ce matériau réunissant des éléments de différentes natures : texte, entretiens, essai, vidéo, photographie ? Quels nouveaux agencements pouvons-nous imaginer entre données textuelles, visuelles et sonores ?


Biographies :

Francesca Cozzolino est anthropologue et enseigne les sciences humaines et sociales à l’École des Arts Décoratifs de Paris. Elle est chercheure à EnsadLab, laboratoire de recherche en art et design de l’École des Arts Décoratifs de Paris et membre affiliée au Laboratoire d’Ethnologie et Sociologie Comparative (LESC) de l’Université de Paris Nanterre. Spécialisée dans l’ethnographie des pratiques artistiques, ses travaux de recherche se situent à la croisée de l’anthropologie de l’art et des techniques, la culture matérielle et les visual studies. Depuis 2010 elle a réalisé plusieurs enquêtes dans le monde de l’art et du design et mené plusieurs missions de recherche en France et à l’étranger (Europe, Etats-Unis, Benin, Mozambique, Mexique). Par ces enquêtes, elle s’attache, d’une part à comprendre comment la création participe de la fabrique du social (enjeux identitaires, politiques et culturels) ainsi que les manières dont une société, à partir des formes artistiques et des discours sur la création qu’elle produit, pense le politique et son propre avenir là où celui-ci est particulièrement problématique. Elle est membre du comité de rédaction des revues « Ateliers d’Anthropologie », « Polygraphe(s) », « Cadernos de Arte y Antropologia » et « Economía Creativa ». Elle a publié plusieurs ouvrages et articles scientifiques et elle contribue régulièrement à des revues d’art et de design ou des catalogues d’exposition. Elle collabore avec des artistes et designers en mettant en œuvre des projets au croisement entre art et sciences sociales à forte dimension expérimentale et spéculative.

Sélection des publications : https://ensad-fr.academia.edu/FrancescaCozzolino Plus d’informations : https://www.ensadlab.fr/fr/francesca-cozzolino/

Lucile Haute est artiste (en résidence de création à La Friche Belle de Mai du 5 au 12 novembre 2020) et chercheuse en art et en design, docteure en arts plastiques, maîtresse de conférences en design à l’Université de Nîmes et chercheuse associée à EnsadLab, le laboratoire de recherche en art et en design de l’École des Arts Décoratifs de Paris. Ses recherches portent sur les formes narratives hybrides (texte, performance, installation, vidéo), les livres d'artistes et l'Edition d'art imprimés et numériques. Elle dirige la collection liteʁal dédiée à l’art contemporain, au design et à la recherche dans ces domaines (Art Book Magazine, Paris). Elle est rédactrice en chef de la revue Hybrid (PUV), membre de l’EA 7447 PROJEKT et membre associé de l’EA 7410 SACRe. Ses publications récentes comptent : codirection du numéro thématique de Sciences du Design #08 Éditions numériques (PUF, 2018) ; « Livres mécaniques et chimères numériques » dans Back Office #3 Écrire l’écran (B42, 2019) ; « Performances contemporaines : actualisations d'un devenir cyborg » dans Subjectivité́ numérique et posthumain (collectif, Bauer & alt. dir., PUR, 2020) ; « Que dansent sorcières et designers à travers les strates d’instanciation de la recherche » dans Azimuts 51 Recherche (Cité du design de Saint-Étienne, 2020 ; codirection du numéro thématique de FORMULES n°22, Littérature, performances et technologies (Presses universitaires du nouveau monde, 2020).

Du 16/09/2021 au 17/09/2021

COLLOQUE INTERNATIONAL - « INTERROGER LA CONSTRUCTION DES POLITIQUES MIGRATOIRES AFRICAINES »

Les 16 et 17 septembre 2021 à l'IMéRA, Marseille

COLLOQUE INTERNATIONAL - « INTERROGER LA CONSTRUCTION DES POLITIQUES MIGRATOIRES AFRICAINES »

APPEL À COMMUNICATIONS

La multiplication, ces dernières années, des terrains et des recherches sur les contrôles migratoires en Afrique méditerranéenne et sahélienne (Gaibazzi, Bellagamba, Dünnwald 2017) peut être associée à l’intérêt scientifique grandissant pour la question de « l’externalisation » (Guiraudon 2002, Boswell 2003, Gammeltoft-Hansen 2006, Balzacq 2009) dans l’analyse des constructions des politiques migratoires sur le continent associées à l’action européenne dans ce domaine. Si ce concept clé pour la société civile européenne (Migreurop 2006) s’avère particulièrement pertinent pour penser les processus de transformation des droits, des normes et des pratiques en lien avec la migration, il trouve aussi ses limites face à certaines réalités empiriques et théoriques. Outre l’approche euro-centrée qu’il implique, il formule le postulat théorique que les Etats tiers, notamment africains, seraient des entités homogènes et des réceptacles passifs, subissant une imposition et des transferts normatifs de la part d’autres entités comme l’Union Européenne, ses États membres et certaines organisations internationales. Ce concept occulte, de ce fait, l’existence de dynamiques politiques et sociales propres aux États africains, se saisissant, selon leurs propres agendas, des opportunités diverses qu’offre l’ensemble de ces coopérations et acteurs « externes » dans les domaines migratoire (Cassarino 2018, El Qadim 2018, Perrin 2020) mais aussi sécuritaire (Frowd 2018) ou démocratique. Ainsi, les pressions et les influences internationales (Geiger et Pécoud 2010) sur la construction des politiques migratoires africaines s’enchâssent à des stratégies d’acteurs étatiques et non-étatiques, aux échelles régionale, nationale et locale, qui s’inscrivent dans de nouveaux paradigmes en vue de se (re)légitimer, d’en faire une ressource, ou de se repositionner. Les dynamiques internationales s’insèrent ainsi dans des contextes à variables multiples – qu’elles soient d’ordre social, identitaire (Bensaâd 2009), politique - et dans des pratiques mobilitaires et administratives qui les nourrissent et les orientent.

Ce colloque invite à un changement de regard, donnant aux acteurs africains une place prépondérante dans l’observation, par le monde scientifique, des constructions des politiques migratoires. En croisant diverses disciplines et échelles d’analyse, il cherche à questionner la manière dont les dynamiques « extérieures » en matière de migration rencontrent les « terrains » sociaux et politiques africains (Rottenburg, Behrends, Park 2014), mais aussi à repenser la frontière entre ce qui peut être considéré comme externe au continent et ce qui relève de l’«endogène» dans la construction de politiques migratoires.

Ce colloque entend interroger deux échelles de rencontre de ces dynamiques :

La première journée du colloque sera consacrée à l’analyse d’une première échelle, étatique, où seront interrogées les capacités des États africains à négocier, malgré l’asymétrie des rapports de force, les accords et les options en matière migratoire (Infantino 2019), et où pourra apparaître la construction de stratégies diplomatiques et politiques à partir des injonctions internationales et des contextes régionaux. C’est à cette échelle que pourra aussi être discuté l’effet de cette rencontre de dynamiques sur les États dont les prérogatives régaliennes et la souveraineté territoriale peuvent se voir paradoxalement renforcées, parfois à l’insu et au détriment de leur population, tandis que se renouvelle leur légitimité dans la région ou à l’international. En l’occurrence, Amitav Acharya (2004) a bien démontré comment certains États peuvent être en mesure de réajuster localement les normes et pratiques importées de l’extérieur, d’une part, et altérer, à leur avantage, la teneur de leurs relations extérieures, d’autre part.

La seconde journée sera, elle, consacrée à l’analyse de l’échelle infra- ou trans-étatique. Nous questionnerons des espaces localisés où peuvent s’analyser des processus d’adhésion, ou encore des modes de (ré)appropriation, de (re)légitimation et d’inertie que produisent les injonctions internationales en matière de gestion des migrations. Il s’agira notamment de voir dans quelle mesure les institutions (judiciaires, politiques, policières) et les sociétés civiles s’en trouvent modifiées, d’analyser leur impact sur les pratiques de mobilités des migrant.e.s et plus largement, comment cette échelle d’interaction reconfigure les rapports sociaux et politiques internes et transnationaux.

De manière transversale, nous proposons d’analyser de quelle manière ces rencontres de dynamiques sont productrices de « marchés » de la migration (Andersson 2004, Gammeltoft-Hansen 2006), structurés autour de ressources financières ou symboliques mobilisées par les organisations internationales, non-gouvernementales et les entreprises privées autour de l’assistance et la coopération dans la gestion des migrations.

Enfin, ce colloque sera aussi l’occasion d’interroger les réalités et les ambitions d’une « approche africaine » des migrations (« Agenda africain pour les migrations »), d’explorer l’« africanité » souvent mise en exergue du rapport aux mobilités, et de penser les processus d’« africanisation » dans la construction de politiques migratoires et de pratiques dans l’appréhension des migrations.

Nous invitons les contributions susceptibles de s’inscrire dans ces axes de recherche, quelle que soit la discipline (droit, science politique, anthropologie, sociologie, géographie, histoire). Nous encourageons les chercheurs.se.s africain.e.s à soumettre leurs propositions. Les participant.e.s discuteront de la possibilité d’une publication collective.

  • MODALITÉS D’ENVOI DES PROPOSITIONS :

Pour soumettre une proposition de communication, veuillez envoyer un résumé (en français ou en anglais – max 500 mots), ainsi qu’une courte biographie (200 mots) indiquant votre rattachement

AU PLUS TARD LE 15 NOVEMBRE 2020 à colloque.mig.africaines2021@gmail.com

Précisez aussi vos lieux de départ et d’arrivée prévus. Les propositions seront examinées par le comité scientifique, qui communiquera sa décision au plus tard 15 janvier 2021.

Le colloque se déroulera en français et en anglais et nécessitera des compétences passives dans les deux langues.

  • COMITÉ D’ORGANISATION :

Sophie Bava (LPED, IRD-AMU - SoMuM),
Camille Cassarini (LPED, IRD-AMU),
Jean-Pierre Cassarino (Collège d’Europe, Varsovie),
Chloé Chatelin (SoMuM),
Alizée Dauchy (IEE, USL Bruxelles),
Delphine Perrin (LPED, IRD-AMU).