Arts, sciences et société

Programme conçu et coordonné par Emilie Sitzia, professeure des universités, directrice scientifique du programme Arts, Sciences et société

À l'intersection des arts, des sciences et des sciences sociales, ce programme se concentre sur la manière dont les arts et les sciences clarifient ensemble les défis sociétaux, tout en y répondant, en les anticipant, et  en mobilisant le public. Rejetant une approche instrumentale de l'art, ce programme part du principe que les artistes, tout comme les autres chercheurs, produisent des connaissances. En se concentrant sur la création, la transmission et l'impact, le programme aborde trois axes fondamentaux qui sont associées à des séminaires, des cycles de conférences, des ateliers, des expositions et des événements ouverts aux résidents de l’institut d’études avancées d’Aix Marseille Université (IMéRa), à la communauté d'Aix-Marseille Université (AMU) mais aussi à un public plus large intéressé par les dynamiques entre les arts, les sciences et la société. Ce programme cherche à encourager l'innovation, la collaboration et la participation citoyenne.

1. Les modes de création de connaissances sensorielles

Les données scientifiques n'ont jamais été aussi facilement accessibles dans l'histoire de l'humanité. Pourtant, les troubles sociaux déclenchés par le programme de vaccination COVID, la violence permanente à l'encontre des droits des femmes ou l'inaction face au changement climatique montrent plus que jamais notre incapacité à communiquer les débats scientifiques et artistiques à grande échelle. Nous ne parvenons pas à comprendre les données provenant de divers domaines spécialisés, à leur donner un "sens" et à nous engager avec elles de manière substantielle. Deux aspects inhérents à la création de connaissances sensorielles peuvent contribuer à lutter contre cette déconnexion : la médiation et la création.

Premièrement, la création de connaissances sensorielles peut favoriser une médiation plus efficace des questions sociétales et des données scientifiques. La sensorialisation des données améliore leur communication au grand public et va à l'encontre de la sur-spécificité de leurs domaines afférents, facilitant ainsi les collaborations interdisciplinaires. Elle permet de mobiliser un public plus large et de pousser à l’action concrète. De plus, l’utilisation des sens pour créer de nouveaux champs de connaissances permet l'émergence de nouvelles perspectives et de nouveaux points de vue. Les collaborations en matière de recherche (artistique) et d'innovation permettent la création de nouvelles connaissances (sensorielles).

Dans cette optique, les projets de recherche peuvent prendre de nombreuses formes : des artistes explorant le changement climatique, des biologistes expérimentant avec la création et la communication de leurs données de manière sensorielle, des collaborations entre laboratoires et artistes pour créer de nouveaux champs de connaissances sur les robots ou l'IA, etc.

2. Formes multimodales de transmission culturelle

Cet axe de recherche se concentre sur les formes multimodales de transmission culturelle et sur leur impact. En particulier, il s'intéresse aux phénomènes d'hybridation tels que les croisements entre le son, le texte, l'image, la performance, les arts du spectacle, les expositions, etc.

Dans ce cadre, les projets de recherche peuvent porter sur des matériaux aussi variés que les installations sonores et visuelles, les performances multimodales, l'illustration, les présentations muséales, l'écriture expérimentale mots/images et d'autres formes hybrides de production culturelle. Les projets doivent aborder les questions sociétales et utiliser des approches scientifiques dans leur analyse (histoire, sociologie, études de communication, études muséales, neurologie ou psychologie, pour n'en citer que quelques-unes).

3. Expériences relationnelles et stratégies d'engagement public

Les sciences citoyennes et les pratiques participatives sont considérées comme des outils essentiels de l'engagement public et de l'activation des citoyens. Cependant, ces pratiques relationnelles soulèvent des questions de négociation de l'autorité, de représentation de voix multiples, d'identités stratifiées et remettent en question des concepts tels que l'expertise ou la diversité.

Cette ligne de recherche s'intéresse particulièrement à nos institutions (culturelles) démocratiques. Les projets doivent aborder des questions sociétales et utiliser des approches scientifiques issues de la muséologie critique, des études postcoloniales, des études féministes, de la sociologie, de la psychologie, etc. Ils doivent questionner et explorer les formes d'engagement du public et leur impact sur la société.

Ce programme est ouvert aux artistes et aux chercheurs (en sciences sociales) à tous les stades de leur carrière. Une chaire spécifique IMéRA/Mucem fait partie de ce programme.


Pour plus d'information, veuillez contacter Emilie Sitzia, directrice du programme : emilie.SITZIA@univ-amu.fr