Présence Hadj Miliani

PRESENCE HADJ MILIANI

Le 19 et 20 mai 2022
à Turbulence et à l'IMéRA

Le 19 mai à Turbulence sur inscriptions (obligatoire) https://www.billetweb.fr/pro/turbulence

Le 20 mai à l'IMéRA sans inscriptions

Ces ateliers sont pensés autour d’un constat simple. Hadj Miliani dans sa vie, son œuvre et ses luttes politiques composait toujours avec le terrain. Il induisait sa méthodologie à partir de sa recherche et puisait ainsi dans les approches disciplinaires les mieux adaptées : anthropologie, cultural studies, histoire, littérature, socio linguistique, tout était bon à prendre, témoignant ainsi d’une soif d’apprendre du neuf et de transmettre de l’acquis. Ainsi, pour nous, il n’y aurait pas de sens à travailler sur et avec Hadj Miliani à travers des silos disciplinaires. Par ailleurs, le regretté Hadj était toujours dans la parole, en tant que chercheur, en tant que militant et en tant que diplomate extra-officiel de la culture Raï et c’est pourquoi afin de rendre honneur à cela, nos ateliers partent de sa parole et portent sur la parole,  ses musiques préférées, l’échange, le débat, les luttes quotidiennes les désaccords et les pluralismes, tout à l’image de l’homme.

 

PROGRAMME

 

Jeudi 19 mai (à Turbulence) TRANSMISSION EN DIRECT ICI

 

13h - Ouverture : Thierry Fabre (Directeur du programme Méditerranée, IMéRA) et Mohamed Miliani (Professeur, Université d’Oran)

 

CAPSULE I : “Critique”

13h15 - 14h30 : TR “Parole/transmission” (4 intervenants)

Chaire – Mourad Yelles (INALCO)

Participants – Kamel Chachoua (IREMAM), Mohamed Miliani (Université d’Oran), Senouci Saliha (CRASC), Khaoula Taleb Ibrahimi (Alger 2, Visio)

Hadj était toujours dans la parole : la parole pour se situer, la parole comme force populaire et politique d’en bas, la parole comme marteau de pouvoir d’en haut. D’ailleurs la prise de parole était sa voie préférée pour engranger et stimuler le débat. Ce n’est pas un hasard s’il a travaillé sur les louanges, les dédicaces et le parler ‘jeune’. Au-delà de sa propre parole cependant, l’oralité faisait partie de son contexte et de sa socialisation intellectuelle dans l’ouest algérien. Et puisque c’est la parole comme vecteur de transmission qui comptait beaucoup pour lui cet atelier aura comme objectif de :

  • Situer la pensée de Hadj Miliani dans une école de l’ouest algérien et creuser cette notion
  • Penser sa généalogie à travers sa parole dans son apport pour des chercheurs qui l’ont suivi

 

14h30-14h45 : Pause Café

 

CAPSULE II “Cinéma” Elie Yazbek (Université St Joseph, Liban)

14h45 - 16h15 : TR “Populaire/patrimoine” avec (5 intervenants)

Chaire – Catherine Miller (IREMAM)

Participants Alexandrine Barontini (INALCO), Stephane Baquey (CIELAM), Ibtissam Chachou (Mostaganem), Guy Dugas (Montpellier), Jean Paul Meyer (Strasbourg)

Les récits de Hadj allait souvent à contrecourant car il partait du terrain. Les histoires populaires et les langue métisses sont au cœur de son objet et leur importance non pas comme histoires vulgaires mais comme témoignages de diversité intellectuelle et culturelle dérangent souvent le statu quo. Son militantisme de même partait du principe que c’est en parlant à l’individu que l’on atteint le collectif et pas l’inverse. Souvent d’ailleurs son objet d’étude et sa personnalité se croisaient dans par exemple la deconstruction de la performance lyrique et comique tantôt structuré que du quotidien.

  • Etudier la ‘performance’ comme fait sociale précaire et politique 
  • Echanger autour du travail dont il était proche concernant les langages ‘jeune’, langues métisses, et/ou ‘populaires’ (berrah, guwaal etc), les pratiques quotidiennes, le « patrimoine populaire »

 

16h30 - 18h00 : Musiques et explications : Naïma Yahi et Cie.

 

Vendredi 20 mai (à l'IMéRA)

 

CAPSULE III “Pluralismes”

14.30-16.00 : Dialogue “épistémè” (5 intervenants)

Chaire – Sami Everett (IMéRA/Cambridge)

Participants Jonathan Glasser (William & Mary), Gilles Suzanne (LESA), Mourad Yelles (INALCO), Célia Sadai (CIELAM)

Dès les années 1990, les travaux de recherche de Hadj Miliani ont fait entrer une myriade de terrains, de notions, de concepts, d' arguments pour le moins inusités dans le discours des sciences humaines et sociales. Transformant, au passage, ce discours en une confluence de discipline aussi diverses que variées. La linguistique, les études littéraires, la sociologie, l'anthropologie ont abondamment nourri ses approches. Ces apports ne se limitent pas à une somme de présupposés, ils fonctionnent comme des constituants ou comme les conditions d'émergence d'objets de recherche originaux et singuliers. Il faudrait ainsi situer ou saisir ses approches comme autant d'entreprises de désaxiomatisation du discours des SHS sur les objets de recherche qui le concernaient. Il serait intéressant de s'interroger sur la manière dont ses recherches personnelles ont retourné le discours des SHS sur lui-même, en le remettant au travail sur lui-même selon une logique critique, en le faisant ployer sur lui-même. De sorte que les travaux de Hadj Miliani sont peut-être affaire de déterritorialisation du discours des SHS.

 

  • Réfléchir le pouvoir, la langue et la sémiotique  
  • Creuser la contribution épistémologique de Hadj

 

16h - 16h30 : Pause Café

 

CAPSULE IV “Raï”

16h30 - 18h30 : TR “Perspectives” (5 intervenants)

Chaire – Gilles Suzanne (LESA)

Participants – Bouziane Daoudi, Karima Dirèche (AMU), Elias Lecoq (Semaine du Raï Marseille), Tamara Turner (Max Planck, Visio), Faisal Sahbi (INALCO), Naima Yahi (URMIS)

La méthode Hadj ‘tout terrain’, ‘pluridisciplinaire’ et ‘multidirectionnelle’ avant l’heure interpelle. Sa force réside dans sa modulation et son angle d’attaque protéiforme mais cette méthode est aussi un projet qui est toujours en éclosion que nous devons analyser, investir et faire avancer. Entre anthropologie, histoire, littérature et sociolinguistique, cette méthode, s’il y en a une, est au croisement de plusieurs terrains (ères), disciplines (espistème) et directions (perso-poli-scientifique). C’est une recherche-entreprise que celle de Hadj qui inclut un intéressant rapport à l’institutionnel dans ses efforts de patrimoinialisation, à la presse, et à la production culturelle témoignant d’une trajectoire extraordinaire, un personnage iconoclaste, non conventionnel, libertaire par ses pensées et ses propos qui était aussi un homme des réseaux institutionnels et c’est pourquoi cet atelier ira au-delà de la disciplinarité et des cloisons institutionnelles :

  • Croiser archives : sonores et littéraires
  • Trianguler approches ethnographie et quotidienneté culturelle

 

19h00 - 22h00

Buffet-Apéro et musiques Toukadime

 

ORGANISATEURS

Organisé par :

  • Sami Everett, chercheur associé, Université de Cambridge, CRASSH - Chercheur résident à l'IMéRA dans le cadre du programme French Institutes for Advanced Study (FIAS)
  • Gilles Suzanne, enseignant-chercheur en esthétique et sciences des arts, au sein du LESA.
  • Catherine Miller, directrice de recherche au CNRS, directrice de l'IREMAM.

Atelier organisé par l’IMéRA (programme Méd), l’IREMAM, LESA, CIELAM (AMU) et LAFEF.